21/06/2011

L'Ardéchoise 2011 - Le récit

 

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"La Montagne Ardéchoise" ou l'Aurore dans les montagnes avec les BBB

Du jeudi 16/06 au samedi 18/06/2011

Par Alain Darville


Lien vers le site de l'Ardéchoise

Lien vers le parcours de La Montagne Ardéchoise


Les cols:

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 Alain, Charlie, Pietro et Fabien, les 4 héros de l'Ardéchoise 2011




Cette année encore l’Aurore-Cyclo participe à l’Ardéchoise. Depuis 2006, c’est la 6ème année consécutive que l’Aurore y est. Pour moi, c’est la 5ème fois, avec des distances variées entre 360 et 520 km. Cette fois, c’est le retour aux sources, comme en 2006, nous faisons « La Montagne Ardéchoise » en trois jours, soit 442 km et 8530 m de dénivelé. Nous aurions dû y aller à 3, Gabriel, Pietro et moi, mais Gabriel a un pépin physique qui l’empêche de nous accompagner cette année.

Nous ne sommes que 2, mais cette fois, nous y allons avec les BBB, les célèbres Brussels Big Bra… (heu…) …nleurs, non, …ckets. Eux aussi ne seront pas au complet. Des 4 prévus, ils sont finalement 2. « Petit Kanish ???», est-ce que j’ai bien compris, s’est désisté au dernier moment. Fabien et Charlie vont essayer de les représenter dignement.

Pietro et moi, nous avons fait le BRM 600, Bruxelles-Verdun, le week-end précédent, ce qui nous a laissé 3 jours (voyage inclu) de récupération. C’est vraiment une inconnue, est-ce que je saurai seulement monter le premier col (le Col du Buisson) ? Pour Pietro, je ne m’inquiète pas, il est capable de tout. Avec son Bianchi 39x23, il va montrer à de bien plus jeunes de quoi il est capable (surtout le dernier jour).  Je suis venu avec mon petit braquet 39x27, cette année c’est volontaire, ce n’est pas comme en 2009, où j’avais explosé le dérailleur avant de mon vélo triple plateaux avants juste avant le départ.

Mais Fabien, cette année n’a pas de chance. Il n’a pas su s’entraîner pendant un mois. Il a cassé la patte arrière de son beau vélo, et en plus pendant les vacances de Pâques, Charlie a saboté son cuissard au lavage, ce qui a occasionné quelques problèmes fessiers à Fabien. Pour Fabien c’est dommage, il ne volera pas dans les cols cette année, et la course Pietro/Fabien n’aura pas lieu.

Charlie a son GPS et ses cartes. Cartes qu’il connait par cœur à force de les regarder en marquant tous les raccourcis possibles (au cas où). Et oui, le parcours de la Montagne Ardéchoise, est pour moi, l’un des plus durs. Aucun temps morts entre les cols qui vont s’enchainer les uns après les autres. En plus la 1ère boucle (St-Laurent les Bains - Borne) est certainement la partie la plus dure et peut-être la plus belle de tous les parcours proposés.

Nous sommes donc arrivés le mercredi. Pour prendre nos papiers, notre puce à mettre sur le vélo et pour déposer les bagages qui nous suivront pour les 2 nuits ardéchoises. Le poids du bagage ne peut excéder 9 kilos. Il parait que le minimum pesé pour les 2 jours était de 3,5 kilos et le maximum était de 18. Avant, les sacs étaient pesés avec un pèse-personne. Il suffisait de laisser un pied en dessous pour que ça passe. Maintenant ils ont un pèse valise et ça ne passe plus. Verdict : Pietro = 10 kg. Cruel dilemme, que faut-il éliminer ? Pietro me passe sa poudre de récupération que je mets dans mon sac puisqu’il a déjà été pesé (heu, est-ce légal ?), mais enlève son pull, en Ardèche, il fait chaud.

Les BBB ont fait l’Ardéchoise en quatre jours. Ils ont fait l’Ardéche Verte (86km – 1503 m) le mercredi. Ce qui fait qu’ils étaient logés à Saint-Félicien. Comme cette année, ce sont les 20 ans de l’Ardéchoise, beaucoup plus de cyclos étaient là : 15956, tous parcours et 1, 2, 3 et 4 jours. Cette abondance fait que les hôtels étaient complets et nous n’avons pu trouver un logement qu’à Chanas (à 40 km de Saint-Félicien). Les BBB en ont profité pour décréter unilatéralement un départ à 7h30 en sachant que nous ne pourrions pas y être avant 8h30.  Mais connaissant Fabien qui ne sait pas se lever à l’heure et nous qui sommes capable de compresser le temps dans tous les domaines, finalement nous sommes partis 6 minutes après eux : 8h03 et 8h10. Et encore c’est parce que nous avons discuté avec Pierre, le Canadien de la Guadeloupe (faut suivre) qui était venu avec sa femme Lynda et ses copains. Et oui, en 2012, peut-être, il y aura du voyage au Canada (Québec) dans l’air (à suivre…).

 

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Alain, Pietro, Charlie et Fabien dans le Col de Mézilhac (1130 m)


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Pietro est directement parti sur un bon rythme. Il ne faut pas la moitié du Col pour que Charlie soit avalé, je rattrape les deux cocos aux ¾ de celui-ci. Fabien attend au sommet. La 1ère journée nous allons rester à 4, ensemble presque jusqu’au bout. On s’attend aux sommets des cols, on sourit et on se fait beau pour les photos officielles.  La première grosse difficulté est le Col de Mézilhac (1130 m). Nous descendons groupés jusqu’Antraigues, le village de Jean Ferrat, pour y diner.

Le ciel en profite pour se déchainer, et nous subissons à l’abri un premier gros orage. La célèbre et tant recherchée blanquette de porc aux pâtes bien cuites avalée nous repartons, juste le temps de subir le 2ème orage de la journée, cette fois-ci pas du tout à l’abri. Nous subissons stoïques (on n’est pas des tapettes), le déluge sur nos petits vélos. On est mouillé (trempés), mais en pleine montée, on chauffe tellement qu’on ne s’en rend même pas compte. Fabien, lui s’est réfugié dans une aubette de bus (en plein col ???) avec 67 autres cyclos, le temps de faire le plein de blagues débiles et de beugler « ALLER LES BELGES !!!» quand nous passons devant le groupe entassé (c’est surprenant de voir dans le déluge, les éclairs et l’obscurité une telle masse de cyclos regroupés sur une si petite surface (Fabien a eu du courage)).

L’orage passé, le groupe des quatre as est recomposé et un peu avant d’arriver à Jaujac, Fabien nous arrête pour nous faire découvrir Fabras  et ses coulées et prismes basaltiques. Le village est installé sur une des coulées de lave du dernier volcan éteint du Vivarais, appelé la Coupe de Jaujac. Ces coulées ont pris, en se refroidissant, une structure en forme de prisme évoquant des orgues de basalte bleu. C’est le moment d’écouter le cours magistral de Charlie sur le sujet. Les absents ont eu tort.

Après le Col de la Croix de Millet, le parcours a changé. Nous allons visiter de nouveaux villages, qui se sont déchainés pour nous accueillir. Comme c’est la première fois qu’ils reçoivent l’Ardéchoise, nous aurons droit à des ravitos tous les 5 kilomètres. On s’arrête chaque fois pour les encourager. Chassiers, Largentière, Tauriers et Joannas sont ainsi découverts. C’est joli, le détour en vaut le peine, mais les routes ne sont pas terribles, elles sont encore mouillées avec beaucoup de gravillons. On y va tranquille. Mais Charlie a disparu, les dernières grosses côtes ont eu raison de lui, on le retrouvera à l’hôtel. Fabien cale dans la dernière montée (Le 1er tiers du Col de Loubaresse), pour arriver à Saint-Martin après 170 km et 3180 m de dénivelés avec une moyenne de 21,8 km/h. Nous sommes à l’Auberge Le Romarin, une chouette petite auberge tenue par un couple de hollandais. C’est l’occasion de parfaire notre néerlandais et de manger un spaghetti bolognaise accompagné de quelques Leffes..

Je vais découvrir Fabien et Charlie atteints du syndrome de l’I-Phone et du Blackberry. Il faut répondre à tous les copains Facebook et aux mails. Pietro et moi, nous avons l’air d’être encore dans la préhistoire de la communication. Une fois qu’on le sait, on s’y fait. Fabien fait tout avec son I-Phone (à part téléphoner et faire la soupe), des mails aux SMS en passant par les photos et les consultations des sites météos, il montre à Pietro son programme GPS avec l’enregistrement du parcours en faisant baver d’envie celui-ci sur les possibilités infinie de cet appareil. Le rêve de Pietro devant lui : Un GPS qui le guide via écouteurs. (à 750 €, ça va être cher…).

 

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Charlie et Pietro

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Le deuxième jour va être le plus dur. 147 km et 3150 m de dénivelés à faire. Mais pas avec des cols faciles. Nous attaquons à froid, le reste du Col du Loubaresse (1142 m). Ensuite dans la descente du Col de la Croix de la Femme Morte (1142 m et tout un programme), c’est Pietro qui a failli imiter la femme, en éclatant le pneu avant en pleine descente.  C’est une descente assez raide et fort technique où les freins sont forts sollicités. La pression augmentant avec la chaleur, la pipette de la chambre à air n’a pas résisté. Pietro a pu contrôler et freiner à temps avant de faire le grand plongeon dans le ravin…. Pietro répare et les autres soufflent sur les jantes pour refroidir les pneus.

Nous nous arrêtons à Saint-Laurent Les Bains, une station thermale, où l’eau est chauffée par les volcans. Ensuite après une partie fort roulante, nous attaquons le 1er petit col à 10%, le Col du Pratazanier (1226 m). Mais la vue au sommet vaut l’effort d’y arriver. Superbe, une vue sur une grande vallée encaissée. Borne nous voilà. Le village est assez désertique. Mais le contrôle y est et cette année un ravito accueille les cyclos.  Les barrières Nadar ont failli envoyer toute une série de vélos dans le ravin en ne résistant pas aux poids de ceux-ci et aux coups de vents de la vallée. Une jeune femme, bien sympa essaye de vendre les charmes de la région à tous les cyclos, pour qu’ils reviennent avec leur famille.

Avec ça Pietro est parti. Heures de passages : Pietro : 12h11, Fabien : 12h13, Alain : 12h16, Charlie : 12h28. Nous ne reverrons plus Pietro, Charlie est loin, mais nous le reverrons encore une fois plus tard.

Il faut maintenant sortir de la vallée et le Col du Meyrand n’est pas mal non plus via cette face. Fabien m’attend au sommet et nous continuons jusqu’au Col du Pendu (1435 m) et le Col de la Chavade (1261 m) pour nous arrêter dans un petit bistro de montagne pour manger un plat de pâtes. Cette fois-ci bien moins bons que les pâtes hollandaises. Pour une fois…

Après, c’est la longue descente en direction du Lac d’Issarlès. Nous retrouvons Charlie qui a l’air cuit, mais qui dit que tout va bien avant de plonger dans sa carte et rechercher des routes alternatives.

C’est ensuite le moment d’attaquer le Col de Cage avec une partie à plus de 10%. Finalement, je m’aperçois que ce sont les cols que je préfère : courts avec une forte pente pour pouvoir être monté en puissance. Charlie est loin, on ne l’attendra plus. Nous passons encore à Sainte-Eulalie avant de passer par le Col du Gerbier de Jonc. Le Mont Gerbier de Jonc culmine à une altitude de 1551 m. Il s'agit d'une protubérance de roches magmatiques volcaniques, datée de 8 millions d’années, une époque où de nombreux volcans étaient encore en activité en Auvergne, et oui nous ne sommes plus en Ardèche.  C’est là aussi que débouchent à sa base, les trois sources de la Loire, le plus long fleuve de France.

Mais il est temps d’arriver à Les Estables à du 76 km/h dans la longue descente. Il est 17h54, 20 km/h de moyenne. Pietro y est depuis 16h44. Charlie (en coupant, oups je l’ai écrit), arrivera ¼ d’heure après nous. Nous sommes au VVF Village du Mézenc qui se compose de petits ensembles de 2 niveaux, regroupant  59 appartements. Ça fait du monde à nourrir. Tous ces cyclos affamés seront un peu déçus par le peu de nourriture qu’ils pourront avaler. Heureusement nous avons eu double ration de pâtes froides. Mais ici, nous sommes tranquille, chacun à sa chambre. La soirée dansante n’a pas eu beaucoup de succès. Les hommes n’ont pas l’habitude de danser entre eux, surtout les cyclistes qui ont envie de dormir.

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Le matin, c’est la cata. Le déluge est là. A 1400 m d’altitude, il fait froid et le vent est mordant. C’est difficile de démarrer, mais nous avons de la chance. En trainant, il ne pleut plus. Les lèves tôt auront été douchés et frigorifiés, les autres auront seulement un peu froid au démarrage. Comme quoi… Nous partons à trois, Fabien déjeunant encore.

Mais pas pour longtemps, Pietro est déjà parti dans la longue montée pour arriver au Col des Boutières (1506 m), le point le plus haut du parcours. Je passerai, comme les autres, la journée en solitaire. Enfin, façon d’écrire, il y a tellement de cyclos qu’on n’a jamais été seul, du 1er au dernier kilomètre des 450 km faits.

La descente du Col de la Scie est impressionnante. On passe de 1300 à 500 m. Les pompiers attendent la chute au-dessus du col. Je suppose qu’ils sont là exprès pour inciter les cyclos à rouler prudemment. La route est mouillée, la descente est faite au ralenti. Malgré tout, quelques fous, prennent tous les risques, pour rien…

En bas du Col, Charlie et Fabien, vont couper, et éviteront le Col de l’Ardéchoise qui remonte à 1184 m. C’est un très long col qui n’en finit pas. Dans la forêt, c’est l’obscurité. C’est la première fois que je rattrape des cyclos qui m’avaient dépassé en bas du col et qui avaient présumés de leur force. Avec l’endurance des BRM, je ne monte pas vite, mais je monte du début à la fin sur le même rythme.

Encore quelques photos au sommet (je suis avant tout un cyclo-touriste), et la descente vers Saint-Martin de Valamas est facile et très roulante. C’est là que se retrouve tous les cyclistes de 3, 2 et 1 jours. Cette fois-ci c’est encore plus impressionnant. Je n’ai jamais vu autant de cyclistes. Il y en a beaucoup plus que les autres années. Beaucoup de femmes aussi, mais beaucoup accompagnaient leurs maris/amis/copains. Dans la très longue montée du Col de Clavière (1088 m), je dépasse des cyclos en quantités astronomiques. Et c’est là, qu’on en voit certains, qui n’ont pas vraiment l’entrainement de leurs ambitions. Certains roulent en zigzag, d’autres roulent par à-coups. Ils sont mêmes parfois chiants. Je les dépasse, ils me redépassent mais n’en peuvent plus, ralentissent, bloquent les autres et bouchonnent ceux qui dépassent en se faisant dépasser. D’autres encore, comme les centristes sur autoroutes, restent en plein milieu de la route, et comme ce sont des Français, rallant parce qu’ils sont dépassés par la droite. C’est tout un art de rouler sur des routes ouvertes à la circulation avec autant de cycliste. Parfois à cinq de front.

Pietro est passé depuis longtemps. Il a fait la course avec les jeunots de la cyclo-sportive du samedi à qui il a donné la pâtée de leur vie. Comme il ne s’arrête pas aux ravitos, il gagne chaque fois un temps précieux sur ceux qui s’y arrêtent.

Le ravitaillement de Sainte Agrève est toujours aussi impressionnant. C’est une véritable industrie. Des centaines de cyclos qu’il faut nourrir en même temps. Des vélos qu’il faut rechercher dans la masse avant de repartir.

La descente du Col de Clavière est dangereuse. Pas pour la route, mais par la masse de cyclistes. Ceux qui ont peur et qui n’avancent pas, ceux qui descendent normalement en ne prenant aucun risque et les avions qui volent en espérant que personne devant eux ne fera un écart. Et c’est ce qui est arrivé. Les pompiers étaient là pour ramasser l’un des avions crashés. Sans doute un bassin fracturé pour l’un d’eux.

La fin du parcours a changé, maintenant nous prenons le Col de Lalouvesc (1100 m). Je préférais avant, le Col du Buisson et ses 15 %. Celui-ci n’est fini pas, et c’est un ballet de motos, d’ambulances et de voitures de polices qui roulent dans tous les sens à des vitesses de débiles parmi les pauvres cyclos qui ne savent plus où de mettre. Dans l’ascension, un cyclo est mort des suites d’un arrêt cardiaque. Statistiquement parlant il parait que c’est normal. Sur 16000 partants il y en aura toujours au moins un à qui ça arrivera. Heureux de l’apprendre…

A Lalouvesc, Fabien m’appelle. Charlie et lui sont attablés à la terrasse d’un petit restaurant. Ils mangent une omelette aux cèpes avec des frites et un bon verre de bière.  Pourquoi pas, il n’y a plus qu’une grosse descente à faire, allons-y. Pendant que je mangeais mon omelette, Charlie essayait de photographier tous les tandems qu’il voyait et Fabien est allé chercher des saucissons régionaux.

Dans la descente faite assez vite, Fabien s’arrêtait de temps en temps pour prendre les bandanas ou protèges chaussures perdus par les avions de chasse. La récolte a été bonne, mais j’ai fini loin devant. Il est 15h19. Les 138 derniers kilomètres ont été tranquille à du 21,7 km/h, avec un dénivelé de 2100 m.  Les saucissons de Fabien étaient encore plus salés à Saint-Félicien.

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Et voilà, c’est fini, finalement, nous n’aurons eu qu’une grosse douche pendant les trois jours. Même s’il n’a fait que rarement chaud, c’est resté un temps très correct pour faire du vélo. Nous avons eu de la chance…. La fin était un peu pénible, avec les accidents et les chutes. Les pompiers avaient du boulot mais personne n’a du finir cette Ardéchoise avec un sentiment de pleine satisfaction.

A Saint-Félicien, dans la cohue des cyclistes, il a encore fallu rapporter notre puce, chercher mon diplôme, les autres n’en voulaient pas, récupérer les bagages, et retrouver Pietro qui était déjà là depuis quelques heures.

Le soir nous nous sommes retrouvés comme il y a trois ans au Courtepaille de Chanas. Comme il y a trois ans nous ne serons pas trop passés inaperçus, même si Freddy et Benoît n’étaient pas là. Les serveuses avaient du mérite dans la masse de monde, elles ont assuré, mais cette fois-ci aucune n’est en dépression. Fabien a même réussi a donné son numéro de chambre à la petite Déborah en lui demandant si elle avait un piercing dans la langue… Incorrigible jusqu’au bout. Heureusement pour elle que l’hôtel était fermé par une barrière la nuit.

 

Pour ceux qui n’osent pas, en voyant beaucoup de cyclistes dans les cols, je me rends compte qu’il y a bien plus mauvais que moi, et qu’il ne faut pas la condition physique d’un athlète de haut niveau pour faire l’Ardéchoise. N’importe qui avec un peu d’entrainement peut faire sans problème entre 120 et 140 km par jours. On a tout le temps, on s’arrête souvent et les ravitaillements sont nombreux.

 

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Le récit alternatif des BBB est sur leur site, il vaut le détour: Lien vers le site des BBB

 

L'Ardéchoise 2011 - Les photos

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Les photos de l'Ardéchoise 2011 de l'Aurore-Cyclo

Photos de Alain Darville

 

Lien vers les photos de l'Ardéchoise 2011 (via Picasa)

 

 


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Quelques photos de Charlie des BBB (c) :

Lien vers l'album

30/06/2010

L'Ardéchoise 2010

 

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L'Ardéchoise 2010

 

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Dans l'ordre, Benoît Leclere, Benoît Leclere et Alain Joiret, Christian Piron et Alain Joiret.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette année, Aurore Cyclo a présenté une seule équipe au départ des 3 jours de l'Ardéchoise : le désormais traditionnel team folklorique composé de 3 coureurs liégeois, Christian Piron, Alain Joiret et Benoît Leclère. Pour Christian, ce sera la découverte d'un parcours montagneux avec ses rares routes plates, pour Alain et moi ce sera « bis repetita » ayant déjà randonné sur ce circuit de l'Ardèche.

Ceux qui pensent que refaire le même parcours ne permet pas de découvrir de nouveaux paysages se trompent. En effet, le parcours 2008 s'était fait sous un soleil tapant alors que l'édition 2010 s'est déroulée sous une pluie continue à partir du 2ème jour. L'Ardèche vue sous le soleil n'est pas la même vue sous la pluie. Foi de tendons qui en ont pris un coup de froid.

Sachant dans quoi nous nous aventurons, le team folklorique s'est mieux préparé à ce type d'aventures avec plusieurs parcours de plus de 100 km en début d'année mais à une allure permettant de découvrir le paysage et de « tailler une bavette » avec les locaux rencontrés (NB : expression liégeoise signifiant parler de la pluie et du beau temps avec des camarades). Au programme du début d'année notamment 130 km de Liège-Bastogne-Liège, le parcours Mons-Chimay-Mons ainsi que les boucles de la Semois.

A ce propos, les boucles ont failli m'empêcher de partir en Ardèche suite à un bris de roue peu après la magnifique côte au sortir de Bouillon. Dare-dare il a fallu trouver des nouvelles roues et les faire monter. Enfin, la mécanique est prête pour le départ.

Le temps de monter le porte-vélo (merci à Michel de la pédale), d'arrimer le vélo et d'embrasser femme et enfants au départ de Jette (merci à Monique pour m'avoir permis de quitter le lit conjugal pour partager celui de plusieurs hommes) et c'est le départ vers Aywaille. Pas question de grimper la Redoute cette fois-ci mais c'est là que je retrouve mes 2 camarades avec également leur femme et leur vélo. Que c'est beau !

Tous ceux qui ont déjà participé à de grandes aventures cyclistes connaissent cette saine excitation dans la voiture quand on croise d'autres voitures avec des vélos accrochés à l'arrière. Probablement ces gens vont aussi comme nous ils vont accomplir quelque chose de fort. Et pour cela, il est important de former une équipe soudée.

Nous arrivons « groupire » à notre gîte près de Condrieu, la région viticole produisant d'excellents vins blancs ainsi qu'en rouge les excellentes Côtes Rôties et Saint-Joseph.

Après une bonne partie de pétanques et un repas bien arrosé, nous rentrons au gîte où notre hôte nous offre une petite rincette (expression locale pour un pousse-café). Il est tellement agréable que Monique (l'hôte, pas ma charmante épouse), nous rempli un second verre. Pas à dire, l'équipe folklorique sait descendre.

Le lendemain, après une nuit à trois hommes dans une chambre (imaginez tout ce que vous voulez, ce fut encore pire) nous partons vers St Félicien, centre du monde cyclo pour quelques jours.

Surprise cette année, les organisateurs nous semblent bien stressés et c'est dans une pagaille indescriptible que nous devons prendre nos dossards et déposer nos bagages. J'en perds même mes papiers quand soudain j'entends que « Monsieur Leclère de Jette a jeté ses papiers par terre ». Le commentateur local hilare de son jeu de mots me rend mes documents de route tout en me demandant de chanter un petit morceau. Ce sera un moment d'anthologie pour eux avec un « petits oiseaux qui mangeaient du caca... » chanté avec vigueur et gestes à l'appui. Je pourrai faire une démonstration lors d'une prochaine sortie. Ambiance garantie.

Le temps est beau alors que la météo le matin était plus qu'humide. Se pose alors la question de l'habillement. Mes camarades optent pour la prudence avec le KWay d'hiver ; plus téméraire, je me contente des manchons Aurore Cyclo (magnifique invention par ailleurs) et du KWay léger de l'ardéchoise.

Oufti, les organisateurs nous poussent vers le départ et nous passons sous le portique électronique. Le parcours de 323 km et 5970 mètres de dénivelé avec ses 19 cols s'offre à nous.

Après 2 km de descente commence déjà la première escalade avec le col du Buisson. Les habitués se portent directement à l'avant pour mener un rythme de sénateur alors que Christian essaie de se maintenir dans les roues. Apparemment, il descend mieux la rincette qu'un col ardéchois.

Au sommet du col du Buisson, version light à l'aller, Christian s'arrête et admire le paysage quand Alain lui explique qu'il reste encore plus de 100  km à parcourir. En fait, il en reste 6 de plus avec un dénivelé de 350 mètres pour accéder à notre gîte. L'organisateur m'avait en effet proposé de loger un peu à l'écart mais dans un superbe endroit, ce qui fut effectivement le cas (http://www.leschampsdaubignas.com/index.htm) mais j'avais omis à mes camarades la montée. Peu sympa de ma part !


Le parcours de la première journée n'a pas changé par rapport à l'édition 2008 et nous continuons avec le col des Nonières. Dans la montée du col de Mézilhac, la pluie fait son apparition quand nous retrouvons une petite guinguette au bord de l'eau. C'est là que nous avions mangé il y a deux ans. Arrêt salutaire, bien à l'abri de la pluie pour goûter aux pâtes locales.

La descente de Mézilhac est longue (plus de 20 km) et le macadam est cette année excellent. Probablement suite au passage du Dauphiné Libéré la semaine avant ! Avec Alain, nous descendons à vive allure et je découvre avec bonheur qu'avec de bonnes roues le vélo est beaucoup plus stable. A propos de vélo, j'avais oublié de le mentionner mais Alain a cette fois un vrai vélo. Piétro (excusez Pedro comme Alain l'avait surnommé il y a deux ans) ne l'aurait pas reconnu !

Au bas de la descente, nous retrouvons Christian avec plus de ¼ heure de retard Je confirme : il préfère la rincette locale ! Mais voici déjà le redoutable col d'Aizac.

La journée se termine sous le soleil et nous arrivons enfin à note gîte d'étape. Près de 115 km à 17 de moyenne, le capitaine de route est satisfait.

Après une nuit de repos entrecoupée de ronflements, grognements et passages multiples aux toilettes, le jour se lève et nous découvrons un paysage splendide sous le soleil éclatant. La montée hors parcours de la veille valait bien le détour. Merci à l'organisateur !

Le départ sous le soleil matinal m'encourage à abandonner mon Kway dans le sac, erreur que je paierai cash en fin de journée.


Le parcours du 2ème jour est différent et nous traversons de magnifiques petits villages bien accueillants : Jaujac, Rocher, Chassiers (village médiéval) et Largentière et son très beau château. Sur le pont de cette dernière cité, nous sommes applaudis par des écoliers qui ont participé à la décoration du village. Moment émouvant qui donne du courage avant d'affronter les 3 kms de montée de ce que les locaux appellent le « petit Ventoux ». Rien à voir avec ce que Marc Keymeulen a fait récemment mais cela grimpe quand même raide. Là, nous perdons Christian que nous attendons au ravitaillement.

Erreur stratégique ! Nous déposons les vélos un peu loin de la route et nous allons « pisser » tous les deux quand Christian passe et ne nous voit pas. Nous l'attendons près de 45 minutes mais aucun cyclo n'a vu un belge en perdition ! Un motard nous confirme ce que nous pensions : il est passé depuis longtemps. Pas de chance, le réseau GSM est inaccessible et nous devons reprendre la route les jambes lourdes avec ¾ heure de retard alors qu'il reste plus de 90 km.

Sacré camarade. Oser imaginer qu'on aurait pu l'abandonner à son sort. L'ardéchoise plus que tout est une randonnée à visage humain où on part et on doit arriver ensemble. Comme chez Aurore cyclo J

Au programme de la journée le col de Meyrand (22 km de long et plus de 1000 mètre de dénivelé). En route, je manque de me faire attaquer par un rapace qui m'avait pris de loin pour une robette (en liégeois dans le texte un lapin ). Non mais !

Nous commençons l'escalade au sec mais dès le village de Loubaresse, le ciel nous tombe sur la tête. Par Toutatis, les dieux sont devenus fous. Sans Kway, je fais connaissance avec un autre type de rincette.

Passé Meyrand, nous pensons avoir fait le plus dur mais il nous reste encore les courts casse-pattes du Pendu (8% de dénivelé) et de Gage (passage à 10%). Arrivés au lac d'Issarles, le ravitaillement nous offre un thé chaud tout en nous annonçant que notre gîte se trouve hors parcours à plus de 15 km à plat, comme cela peut l'être en Ardèche.

Direction le gîte dans un patelin dénommé « Les Sauvages ». Les 15 km sont moins plats que prévus (en fait cela monte raide mais non répertorié, dommage pour les statistiques d'Alain Darville) et la pluie redouble. La température baisse et avoisine les ... 2 degrés. C'est quasi de la neige fondante ! Pas un chat sur la route, pas de trace de Christian. La nuit commence à tomber et nous avons fait plus de 130 km. Trempés, fatigués, « plein le cul de tout », nous arrivons au gîte et découvrons Christian ... qui se fâche car nous l'avons lâché. Enfin, le trio de belges est reconstitué, une fois.

Dans le gîte nous découvrons les hôtes dont Paul, patron fermier de son état. Si vous connaissez Julos Baucarne, c'état lui. Un grand moment d'authenticité au fin fond de la France. Avec l'accent local en plus.

Plusieurs Français logent avec nous dont un petit parisien moustachu. Alain très vite le surnomme Astérix, au grand bonheur du patron qu décrète que les Belges y vont forts. La surprise du chef viendra avec le plat principal, du sanglier avec des lentilles, partagé avec notre Astérix parisien. La patron hilare n'en revient pas. Il peut s'offrir la tête d'un titi Parisien, lui le fermier de la France profonde.

Crevés, nous expliquons aux Français que le lendemain nous utiliserons notre Joker pour retrouver le parcours officiel 15 km plus loin. En fait, nous avons « travaillé » le patron afin qu'il nous embarque le matin dans sa fourgonnette, ce qu'il fait volontiers pour les petits belges. Mais, surprise, la fourgonnette n'en n'est pas une. C'est une petite voiture « pourrie remplie de brol » que nous vidons rapidement pour installer les vélos à l'arrière de la Citroën Visa... Alain fanfaronne : la carte Joker s'est transformée en carte Visa !

Nous retrouvons rapidement sur le parcours nos amis de la veille ... qui ne comprennent rien. Les Belges les dépassent facilement en donnant un petit coup de sonnette. Dring dring, c'est bien nous. Mais comment ont-ils fait se disent-ils tous ?

Nous expliquons à un camarade de chambrée, un petit suisse, notre départ en voiture. Ce compagnon de route avait le matin été très surpris de voir que mes 2 liégeois gardaient leur slip sous le cuissard. Et ces derniers se demandaient pourquoi ils étaient irrités au postérieur. Heureusement que c'est un Suisse qui a vu cela, vous imaginez la nouvelle blague belge si Astérix l'avait découvert. Et dire qu'après 2 nuits passées avec eux je n'avais pas rien découvert !

Remercions aussi Astérix qui a donné à Alain son truc pour ne pas être gêné par la pluie : il suffit de s'enduire les jambes d'huile. La patron prêt à lui fournir de l'huile moteur, Alain se contente de l'huile fournie parcimonieusement par Astérix. Effectivement, la pluie ruisselle sur ses jambes luisantes.


Ceux qui ont fait l'ardéchoise savent que le 3ème jour, il suffit d'arriver au courage. Pour notre ami Christian ce sera le cas. La sortie du lac D'issarlès vers le col du Gerbier de Jonc est longue et pas répertoriée. Le froid est intense mais cette fois j'ai mis des couches ainsi que le Kway.

Au sommet du Gerbier, conciliabule pour savoir quoi faire car la faible moyenne m'inquiète pour le retour. Christian s'accroche et appuie sur les pédales sur un des rares moments plats du parcours. Il arrivera au terme des 360 km (et oui, avec les escapades vers des gîtes hors normes) heureux mais fatigué.

Durant la dernière journée, nous croisons quelques farfelus déguisés en Gaulois du célèbre village d'irréductibles : Astérix, Obélix, Mimine et Falbala à vélo, c'est autre chose que les camarades d'Aurore Cyclo. Incroyables, ils feront 80 km sur des vélos improbables, Obelix roulant même sur un mini-vélo ! Nous faisons aussi connaissance avec un Lyonnais qui avait acheté une semaine avant un vélo de ville. Lui aussi s'est embarqué sur le « petit » parcours et nous faisons ensemble une partie du dernier long col de Clavière (17 km), col qui ne me réussit pas beaucoup comme il y a 2 ans.

Heureusement les ravito du samedi sont nombreux et copieux avec les fromages et saucissons locaux. Tout un programme surtout avec la musique.

Dans le village de Rochepaule, je me fais accoster par une belle ardéchoise affichant de nombreux printemps à son compteur. Au son de la fanfare, la jolie costumée locale m'emmène dans un tango renversant. Alain m'a expliqué que la TV FR3 locale avait filmé ce grand moment mais je n'en ai trouvé aucune trace sur leur site internet. Dommage, cette ardéchoise venait de Cambrai et ensemble nous étions prêts de faire de nombreuses bêtises ensemble.

Il est temps de remonter sur le vélo pour les dernières descentes et le dernier col, le Buisson avec ses passages à 10% sur 1 km et à 15% sur quelques centaines de mètres interminables. Avec Alain nous arrivons au coude à coude, dans un duel fratricide, ensemble au sommet, contents d'avoir fait un si long chemin sans aucun pépin mécanique. Surprise, Christian nous a rattrapé dans la dernière ascension, content mais fatigué de sa première expérience en moyenne montagne.

Arrivé au dernier km, nous rencontrons notre Lyonnais effondré sur le bas-côté, victime de la célèbre double crampe (jambe gauche et jambe droite, à hauteur du mollet et du quadriceps). Incapable de déclipser, il s'est simplement écroulé dans l'herbe. Comme d'habitude, Touring-Secours s'arrête et lui offre une barre énergétique pour finir le parcours. Aurore Cyclo a une fois de plus fait fort sur l'Ardéchoise !

Cette belle aventure humaine s'est terminée le samedi 19 juin dans un gîte remarquable où nous attendait notre hôte le très sportif  Jacky (http://entreeauetvin.com.) Ne manquez pas de vous y arrêtez quand vous descendez vers le sud, à proximité de la sortie d'autoroute d'Ampuis. L'arrêt vaut la peine et le prix est très démocratique (60€ la chambre de trois et 15 € pour le repas/petit déjeuner).


En conclusion et si vous êtes relativement bien préparés (au min 1000 km au compteur et quelques bouteilles descendues), il est possible de faire l'ardéchoise autrement qu'à l'eau claire. Car une fois de plus, c'est à la tête que nous avons eu mal ... chaque lendemain de la veille.


Merci encore à nos femmes pour ce bon moment.



Les liégeois de chez Aurore, Alain, Christian et Benoît.