30/06/2008

L'Ardéchoise 2008: Les récits

 

 


Les participants à l'Ardéchoise 2008

 

Dossard

 

 

Nom

 

 

Prenom

 

 

Parcours

 

 

Km

 

 

Dénivelé

 

 

Cols

 

 

31772

 

 

DARVILLE

 

 

Alain

 

 

Les Gorges-Ardèche

 

 

508

 

 

8994

 

 

25

 

 

31773

 

 

DE ROY

 

 

Freddy

 

 

Les Gorges-Ardèche

 

 

508

 

 

8994

 

 

25

 

 

31771

 

 

GRUBE

 

 

Jacques

 

 

Les Gorges-Ardèche

 

 

508

 

 

8994

 

 

25

 

 

31582

 

 

JOIRET

 

 

Alain

 

 

L'Ardèche

 

 

312

 

 

6184

 

 

19

 

 

31581

 

 

LECLERE

 

 

Benoit

 

 

L'Ardèche

 

 

312

 

 

6184

 

 

19

 

 

31770

 

 

MOREAU

 

 

Fabien

 

 

Les Gorges-Ardèche

 

 

508

 

 

8994

 

 

25

 

 

31769

 

 

SIRIGU

 

 

Pietro

 

 

Les Gorges-Ardèche

 

 

508

 

 

8994

 

 

25

 

 

31774

 

 

VAN SCHEPDAEL

 

 

Christophe

 

 

Les Gorges-Ardèche

 

 

508

 

 

8994

 

 

25

 

 



 

L'Ardéchoise 2008 - « Les Gorges Ardèche »

 

Les Cols du Parcours “Les Gorges – Ardèche” (par ordre de passage)

 

Col

Altitude (M)

Longueur (Km)

Denivelé (M)

% Pente Max

% Pente Moyenne

29

du Buisson (aller)

920

11,5

400

7

3,5

39

de Saint-Genest

709

7,5

336

6,1

4,5

46

du Mazel

633

5

188

4,2

3,8

37

de Montreynaud

757

5

169

3,5

3,4

42

de Chalencon

694

5,7

214

6

3,8

25

de la Faye

1019

18,7

696

10

3,7

26

de la Graveyre

1001

5

284

6

5,7

40

de Tauzuc

706

3,25

153

5

4,7

31

de la Fayolle

877

7

330

8

4,7

34

de Sarrasset

825

-

-

-

 

35

du Benas

795

12,5

514

6,1

4,1

41

de Fontenelle

703

13

325

7

2,5

52

de la Farre

336

4,5

150

6

3,3

54

de la Figeyrolle

275

2

88

6

4,4

48

de la Croix de Rocles

476

2,4

85

5

3,5

4

de Meyrand

1370

22,5

1028

6

4,6

11

du Bez

1229

1,6

47

6

2,9

1

du Pendu

1435

3,1

206

8,1

6,6

9

de la Chavade

1261

-

-

-

 

22

de Gage

1098

2,6

149

10

5,7

2

du Gerbier de Jonc

1417

2,5

177

8

7,1

27

de Besses

998

-

-

-

 

23

de Clavière

1088

17,3

553

5

3,2

30

de Rochepaule

891

3,8

180

6

4,7

28

du Buisson (retour)

920

6,4

386

15

6,0

 
Le parcours “Les Gorges – Ardèche”

Parcours1.jpg

 



Toutes les photos de l'Ardéchoise 2008 de l'Aurore-Cyclo

 


Le récit de l'Ardéchoise 2008
Par Alain Darville


Prologue

C'est donc pour la troisième année consécutive que l'Aurore Cyclo participe à l'Ardéchoise. Seul Pietro et moi avons fait les trois années. Chaque fois on réussit à amener de petits nouveaux à qui on promet une belle aventure, mais beaucoup ne reviennent pas. Et c'est dommage pour eux. L'Ardéchoise est toujours une redécouverte. Une redécouverte de l'ambiance incomparable et des paysages chaque fois différents, même ceux qu'on a déjà vus une ou deux fois.

Cette fois-ci, on est parti faire le parcours « Les Gorges-Ardèche », long de 508 km (en théorie), avec le franchissement de 25 cols pour un dénivelé total de 8994 mètres. Comme son nom l'indique ce parcours descend beaucoup plus au sud de l'Ardèche et va longer les Gorges de l'Ardèche. Pietro qui est tombé amoureux de cette région, où il va régulièrement en vacances, veut absolument nous la faire découvrir.

Les deux nouvelles recrues de l'année, Fabien et Jacques étaient là. Christophe qui n'était pas encore venu a décidé de frapper un grand coup, il va se déchaîner dans tous les cols. Freddy qui était déjà de la partie l'année passée, fera cette fois-ci le parcours avec sa caméra. Ensuite Pietro et moi, les deux vieux grognards, étions présents, je dirais presque, comme d'habitude. Fabien avait déjà fait la Volcanique de 171 km en un jour l'année passée et voulait se tester sur trois jours.

Benoît avait réussi à convaincre Alain, son copain liégeois, de l'accompagner sur le parcours « l'Ardèche » en trois jours aussi, mais dans une version un peu plus light   de 312 km, 19 cols et 6180 mètres de dénivelés. Alain a échangé le mot cyclotouriste par Touristico-cycliste. Pour lui faire du cyclisme avec son vieux vélo toqué contre un bac de bière n'est qu'un prétexte pour passer un bon moment avec son copain.


L'arrivée à Saint-Félicien

Comme d'habitude on arrive à Saint-Félicien pour les formalités d'usage d'avant départ et porter notre bagage qui sera transféré d'étapes en étapes par l'organisation. Comme on commence à devenir des routiniers c'est fait en deux temps trois mouvements. Le changement, c'est qu'en plus du numéro à mettre sur le devant du vélo on reçoit un vrai dossard à mettre dans le dos, pour bien montrer qu'on est bien inscrit puisqu'il semble qu'il y ait beaucoup de resquilleurs. Sur ce dossard est inscrit le n°, le nom et le prénom. Donc certains vont s'amuser...

De Saint-Félicien il faut aller passer la nuit à Chanas qui se trouve 50 km de là. Fabien dont le subconscient lui joue de mauvais tours, introduit dans son GPS « Chenas » et est parti pour un trajet de 140 km. Chenas est un joli petit village dans le vignoble du Beaujolais. Fabien a failli réussir son coup mais Benoît s'est demandé benoîtement, comme il sait si bien le faire, si c'était normal que le GPS indique 140 bornes pour arriver à destination. Un petit coup de GSM à Pietro et Fabien a été obligé de reprogrammer son GPS.

 

1er jour : Saint-Félicien - Privas

Comme notre but n'est pas de finir l'étape à midi comme beaucoup de cyclos, surtout français, qui partent à 6 heures tapant, mais qui partiraient encore plus tôt s'ils le pouvaient, on démarre de Saint-Félicien un peu avant 9 heures. Fabien est là avec Jacques et Benoît. Cette fois Fabien ne s'est pas trompé. Benoît retrouve Alain, qui a roulé la nuit pour rejoindre Saint-Félicien. Lui il va dormir sur son vélo.

Très vite on est fixé. Christophe démarre dès que ça monte. Fabien le suit comme son ombre. Pietro joue à l'élastique entre le devant et l'arrière selon son humeur. Moi comme d'habitude je monte à mon petit rythme. Freddy suivi de Jacques ferment la marche. Ce sera une constante. Benoît et Alain sont partis de leur côté vivre leur aventure.

L'étape devait être la même que celle de l'année passée, enfin c'est ce qu'on pensait, Pietro et moi. Au début c'est le cas. On passe par des cols dont la pente n'est pas trop prononcée. Les cols dépassent rarement 700 mètres d'altitude. Tout va bien, on reconnaît les passages de l'année passée, même l'effondrement dans la route, là où Guy s'était étalé  l'année passée quand son dérailleur avant l'avait laissé tomber.

Fabien passe son temps à resserrer tous les boulons de son vélo et de ses godasses. Je suppose qu'il fait cela pour s'occuper en haut des cols en nous attendant avec Christophe dont j'aurai souvent vu le derrière sur les 50 premiers mètres des montées avant qu'il ne disparaisse au premier virage. Christophe s'occupe en faisant des photos et en faisant sécher ses saucisses sèches pas très sèches.

Les ravitaillements de Gilhoc et de Vernoux en Vivarai sont toujours aussi fournis et sympathiques. On prend son temps, et on roule groupé, puisqu'on s'attend en haut des cols. Freddy qui a un courage peu commun roule à nouveau avec sa caméra dans la main droite.

Les montées de cols sont l'occasion de lire le nom et le prénom des cyclos qu'on dépasse. Pour ceux qui en on l'envie c'est l'occasion de faire des blagues. Comme de dire « bonjour Machin » à celui qu'on passe comme si on le connaissait depuis longtemps. Au début cela surprend mais après cela lasse un peu. Mais c'est une occupation. Fabien et Benoît semblent être des spécialistes dans les jeux de mots avec le nom des gens.

Dans la montée du Col de la Faye (1019 mètres) nos amies les mouches sont là. Il commence à faire chaud, le thermomètre de mon compteur monte à 35° C en plein soleil. Comme il a plut tout les jours pendant six semaines jusqu'au jour avant notre arrivée, on ne peut pas se plaindre de la chaleur. La pluie aurait transformé le parcours en une galère épouvantable. Chaque cyclo est donc accompagné d'un essaim plus ou moins gros de mouches à vaches (pas à cacas) qui sucent, lèchent et/ou boivent tous les sels minéraux qui sortent avec la transpiration. Plus tard on apprendra que ces mouches ne se montrent en masse que pendant 3 jours, toujours pendant l'Ardéchoise. L'évolution de ces mouches a sans doute fait que leur cycle de reproduction correspond aux dates de l'ardéchoise.

Freddy qui se souvient de l'année passée, s'asperge d'un spray répulsif pour insectes tropicaux tellement puissant que les mouches le désertent mais que les cyclos s'effondrent sous son passage. Fabien dont la selle semblent attirer ces mouches irrésistiblement s'en met plein le derrière.

Après la descente du Col de la Faye, on pense être dans le village où on avait dîné l'année passée. Mais non, le parcours a changé. On ne reconnaît plus rien. Au lieu d'être à Saint Pierreville on est à Albon. Mais ça on ne le comprendra que plus tard. Comme il faut bien manger, on s'arrête donc à Albon. Comme les cyclos partis à 6 heures ont tout bouffé, il ne reste plus qu'un magnifique taboulé avec des côtes de porcs géantes, grillées et fourrées dans une baguette. C'est bizarre comme repas. C'est bourratif. Pietro qui adore le taboulé était aux anges surtout en sachant qu'il mangera du taboulé royal dans le Vercors. Burps...

Juste ensuite on attaque le Col de la Graveyre (999 m) pour digérer à l'aise. Le taboulé et la côte de porc géante ont du mal à passer.

Dans la descente on voit les flèches de l'année passée mais qui sont dans l'autre sens. Le parcours est inversé et on passe en trombe à Saint Pierreville où on reconnaît la petite place où on s'était restauré l'année passée.

A Saint-Etienne de-Serre, on s'arrête à un petit contrôle avec des villageois super sympas. Ils nous font goûter le jus de pommes local. Super. Ensuite ils veulent nous envoyer goûter une glace aux glands, une autre aux marrons et encore une autre au cigare, toutes préparées par un artisan local. La glace aux glands n'étant pas la même que celle que certain(e)s connaissent en Belgique, on était presque parti pour la goûter mais les dix kilomètres de détours nous ont refroidis.

Avec tout ça on n'est pas en avance. A Issamoulenc une plaque indique 25 km pour Privas, alors que les flèches du parcours vont dans la direction opposée. Des cyclos qui arrivent à destination pour passer la nuit veulent nous envoyer directement à Privas. Mais il faut résister à la tentation. On suit le parcours. Point. Pietro me fusille du regard, je me demande pourquoi.

Le Col de la Fayolle donnerait presque raison à Pietro. Quel col... La pente devient sérieuse et après 150 km, il fait mal. Mais ensuite pour aller à Privas on passe de 877 mètres à 350 mètres et c'est une très longue descente tortueuse et dangereuse. Mais ça y est. On est arrivé. 175 km et 3300 mètres de dénivélé. Il est 20 heures. L'hôtel de La Chaumette*** est une bonne surprise. C'est un trois étoiles. Le seul hic, c'est que les chambres sont pour trois, mais que seuls trois d'entre nous ont une chambre commune, les trois autres doivent dormir chacun avec deux français qui partiront à 6 heures du matin et qui sont déjà occupés à ronfler. Pietro et Freddy décident de prendre une autre chambre. Je saute sur l'occasion et après avoir discuté rapidement d'une petite réduction de prix on prend une autre chambre. On est des cyclos de luxe ou on ne l'est pas. On ne se refait pas.

Après la douche on arrive vers 21 heures pour manger, avec la remarque de la chef de salle (qui avait de belles fesses, mais ça n'a rien à voir avec le souper), qu'elle ne pensait plus qu'on viendrait manger. Et bien si. On va manger tout ce qu'on nous donne. Comme c'est très bon, ça nous change du taboulé.

 

2eme jour : Privas - Le Gua

On est parti de bonne heure. Il est 8 heures. Les français sont déjà arrivés à destination. C'est une journée facile presque plate d'après Pietro qui connaît bien la région. On verra. J'ai un doute, je ne sais pas pourquoi.

La sortie de Privas se fait par le Col de Benas. C'est un long col qui monte à 800 mètres. Fabien qui s'ennuie en haut en nous attendant a trouvé une nouvelle occupation. Gonfler ses pneus au sommet de tous les cols. Comme ses chambres à air en latex véritable sont poreuses il faut compenser. L'avantage c'est que cela muscle aussi les bras. Christophe continue à faire sécher ses saucisses toujours pas sèches.

Mais maintenant on va descendre tout doucement vers les fameuses Gorges. Sur le chemin on traverse Sceautres où on passe devant un magnifique cône volcanique. Ensuite c'est Alba-la-Romaine avec sa forteresse. Forteresse sombre et impressionnante que j'aurai bien aimé aller voir de plus prêt.

Peut après Valvinière on prend sous notre aile protectrice, Alain Cadieu (encore un Alain), un français dont les copains étaient restés à Privas à la recherche d'une nouvelle chaîne. Comme Alain était moins fort il était déjà parti en éclaireur et finalement pour son malheur, a accroché notre groupe. Il nous paye une tournée générale dans un petit café connu de Pietro à St Remèze, tournée qu'on oubliera de lui rendre. Désolé, ce sera peut-être pour l'année prochaine.

Mais Pietro est heureux. On arrive à Vallon-Pont-d'Arc.

« Vallon-Pont-d'Arc est un haut lieu de la préhistoire et du tourisme culturel. Ce petit village, paisible en hiver, voit sa population multipliée par 10 en été. Son importance touristique vient surtout de ce qu'il est le point de départ de la descente des gorges de l'Ardèche. Le célèbre Pont d'Arc, arche naturelle de plus de 30 mètres de hauteur creusée par la rivière Ardèche et classé Grand Site de France ». Ce morceau vient d'internet, pas de moi.

C'est là qu'il nous montre la petite plage où il aime batifoler avec Myriam dans l'eau chaude pendant les torrides soirées d'été. C'est vrai qu'en voyant le décors on est déjà transporté dans un autre monde.

Mais trêve de rêveries, il faut manger. On s'arrête à Vallon-Pont-d'Arc, dans une petite ruelle de la vieille ville où se trouvent une série de chouettes petits restos. On prend notre temps. Alain n'ose rien dire mais doit se demander où il est tombé. On n'a fait que la moitié du trajet et il est déjà passé 15 heures quand on repart.

C'est la journée la plus chaude. Le thermomètre indique 44° c en plein soleil. En partant de Vallon-Pont-d'Arc on attaque une montée de dingue à plus de 10% dans la fournaise. On arrive en haut, comme on peut, on admire le paysage pour ceux qui en ont encore la force. Et puis on redescend pour rejoindre la route qu'on avait quitté juste avant. De la folie.

Comme on est bon dernier et que les cyclos précédents sont déjà passés depuis longtemps, certains ravitos (surtout en eau) sont déjà fermés depuis longtemps. En plus celui qui s'est occupé du parcours à partir de cet endroit est un sadique. Tous les petits monts le long du parcours sont pour nous. La pente des côtes est rarement inférieure à 10% et sous la chaleur on peut nous suivre avec les gouttes de transpiration.

Ca devient complètement dingue. Tous les petits villages veulent qu'on les visite. Enfin je suppose que ce ne sont pas les villages qui le demandent mais les responsables locaux. Donc on visite tous ces villages à fond. On ne les passe pas uniquement par leur centre, mais on en fait chaque fois le tour par toutes les petites rues en pierre. Par petite rue, ce sont vraiment de petites rues, juste assez larges pour un vélo (et son cycliste). A un moment donné on se retrouve soit face une porte, soit on pense passer par une cave, et on tourne, on tourne dans tous les sens. Tellement il y a de villages, j'en oublie les noms.

Pietro et Christophe partis en éclaireurs se sont perdus. Nous aussi semble-t-il, mais nous on ne s'en est pas rendu compte. Chacun suivant ses propres flèches. Je n'y ai plus rien compris.

Fabien qui avait mal au derrière, sans doute à cause du spray anti-mouche de Freddy, s'arrête devant une pharmacie et demande une crème pour bébé avec son équipement de cycliste. La pharmacienne demande pour un bébé de quel âge. ? Fabien que rien ne perturbe répond : 39 ans...

Pendant que Fabien se badigeonne le derrière de la pommade pour bébé, Alain qu'on avait égaré nous rejoint. Il est presque étonné de nous revoir, lui qui s'était résigné à galérer dans la région.

Dans un des nombreux villages en hauteur, Fabien et moi on a pris un peu d'avance. En faisant comme d'habitude le tour du village, Fabien pensant avoir rajeuni de 20 ans depuis qu'il a mis sa crème pour bébé, suit tout d'un coup les flèches de l'Ardéchoise des jeunes. Le temps de s'en rendre compte Freddy nous a passé. Freddy pensant être à notre poursuite se retrouve tout d'un coup face à face avec Pietro et Christophe qui arrivaient dans l'autre sens. Le choc. C'est bizarre ce genre de moment. Il nous a perdu, Fabien et moi, mais il a retrouvé Pietro et Christophe. C'est vrai que c'est perturbant comme situation.

En fait, notre petit groupe avait fait une boucle et on tournait en rond. C'était alors une longue discussion pour retrouver le bon chemin vers Valgorge.

Fabien qui avait son GPS, indique ensuite une mauvaise route. Jacques qui voulait prendre un peu d'avance dans la montée s'élance le premier juste avant que Fabien ne se rende compte qu'il était parti dans une mauvaise direction. Jacques faisait l'ascension de sa vie. Fabien a du aller le rechercher pour l'arrêter.

Mais on avait notre compte. On est enfin arrivé dans le village de vacances, le camping « Le relais des Brisons » à Le Gua près de Rocles. Rocles est le village où on avait passé la nuit dans des chambres d'hôtes chez une charmante vieille dame il y a déjà deux ans.

Le village de vacances est composé de petits châlets. Le cadre est agréable le long d'un petit torrent. Comme le village est construit en hauteur le long de la pente il faut grimper pour rejoindre les châlets. Mais le propriétaire (ou gardien, ou gérant) du village a déjà monté nos bagages (ouf, il reçoit un gros bisou virtuel sur son front moite). Pietro, Fabien et Christophe s'installent dans un chalet déjà occupé par deux français qui partiront à 4 heures du matin en faisant le plus de bruit possible. Jacques, Freddy et moi nous occupons à trois un chalet identique. Chercher l'erreur...

Pour aller manger il faut traverser une rivière disons un torrent, sur une construction de fortune faîtes de pierres et planches en bois. C'est déjà dur quand on y voit clair. Quand il fait noir...

Comme les français ont déjà fini de manger depuis longtemps, on s'installe à six sur la terrasse du petit bistro local. La nourriture n'est pas terrible et Pietro est déjà malade rien qu'à l'idée de devoir engloutir ces pâtes flasques et les morceaux de vaches folles qui les accompagnent. Mais il faut manger sinon on ne verra jamais Saint-Félicien. Quand on a fini, il fait une nuit d'encre et il faut retraverser le torrent. Fabien nous « éclaire » avec sa minuscule lampe/GSM, on passe vaille que vaille et on va dormir. Ouf, c'est fini pour aujourd'hui. C'est ce qu'on peut appeler une journée intense et bien remplie.

Notre copain français, Alain, est arrivé lessivé à Valgorge vers 21h30. On le croisera à nouveau le lendemain sur le parcours de retour.

 

3eme jour : Le Gua - Saint-Félicien

Après une bonne nuit réparatrice, on est reparti en attaquant le Col de Meyrand (1370 m) long de plus de 20 km. Il ne fait pas encore trop chaud, la montée n'est pas trop difficile. Mais cette journée sera une troisième journée de canicule (jusque 41° C cette fois-ci, toujours en plein soleil) et l'organisme commence sérieusement à fatiguer.

Fabien et Christophe sont toujours en pleine forme. Pietro n'a pas digéré comme prévu ses pâtes et son bœuf et bœuf et avance par à-coups, une fois bien, une fois pas bien. De temps en temps à mon grand étonnement je le rattrape dans les montées pas trop pentues.

Freddy commence sérieusement à fatiguer surtout à cause du manque de sommeil. Comme Pietro, il ne dort presque pas. Jacques fera toute l'étape à son rythme et en solitaire.

Le point culminant du parcours est le Col du Pendu à 1435 m. Passé le Col de Gage et le Lac d'Issarlès on se dirige vers le célèbre Col du Gerbier de Jonc (1417 m). C'est là que la plupart des parcours se rejoignent et cela devient une longue procession de cyclistes jusque Saint-Félicien. C'est toujours un moment particulier de voir tous ces cyclistes.

Christophe qui est toujours affamé, mange tout ce qu'on lui donne. Le pauvre Fabien qui avait acheté du pain et des saucisses (celles-là très sèches) au sommet du Col du Gerbier de Jonc n'a pas réussi à les manger. Avec tout ça je ne sais pas ce que sont devenues les saucisses sèches pas très sèches de Christophe qui ont fait le tour de l'Ardéchoise en séchant au sommet de chaque col. Mystère...

Le ravitaillement d'Arcens est le bienvenu. C'est un important ravitaillement où l'on peut manger et boire à volonté. Il est surtout le bienvenu avant d'entamer le Col de la Clavière, très long col de 18 km qui monte à 1088 mètres. C'est un col procession où on peut dépasser un nombre impressionnant de cyclistes dans des états parfois proche de l'évanouissement. Surtout que c'est la période la plus chaude de la journée.

Pietro, Fabien et Christophe sont partis plein tube. Je monte donc à mon rythme. Tout d'un coup j'aperçois Pietro, en me disant qu'il est à nouveau dans un creux. En m'approchant, je vois Christophe. Que se passe-t-il ? Il n'a pas l'air bien. Quand je me mets à ses côtés il me voit et lâche un « merde... ». Je sais, ce n'est pas charitable, mais j'ai eu un bref mais intense moment de jubilation intérieure. Mais que les supporters de Christophe se rassurent, ce petit passage à vide n'a pas duré longtemps.

A Saint-Agrève juste avant d'arriver au sommet du Col de la Clavière, c'est le plus grand ravitaillement du parcours. C'est impressionnant la première fois qu'on le voit, tellement il est gigantesque. Pietro s'est refait une santé et disparaît, il est parti seul.

Fabien, Christophe et moi, on y va ensemble, et je reste avec eux jusqu'au pied du Col du Buisson. C'est un col qui fait peur à tout le monde, avec une partie à 15%. Un peu avant d'y arriver, j'au cru entendre, au loin, un bang supersonique quand Pietro en a fait la montée.

Christophe et Fabien sont partis, je fais la montée comme je peux. C'est moi qui suis cuit. Jamais ce col ne m'a paru si long. Il fait une chaleur étouffante juste bonne à cuire un poulet à la broche. Certains cyclos montent à pied ou sont affalés sur le bas-côté en attendant de récupérer. Les crampes sont nombreuses et c'est un col galère pour beaucoup d'entre-nous. C'est à peine si j'entends les musiciens qui s'acharnent à encourager les cyclos à la dérive. Ils ont presque autant de mérite que nous sous cette chaleur torride.

C'est dans ce col que les photographes professionnels de Maindru font leurs photos. On aura tous des têtes d'outres tombes.

La descente du col n'est pas des plus rassurante et est particulièrement dangereuse d'ailleurs entre-temps nous avons appris que  2 cyclos y ont laissé la vie. La route est rendue granuleuse par les gravillons et les pieds déjà surchauffés vibrent dans les godasses, ce qui accentue encore l'impression de douleur.

Mais c'est fini. Cela sent bon l'écurie. Tout le monde arrive au bout. On a fait 525 kilomètres et plus de 9000 mètres de dénivelé, le tout dans une chaleur vraiment éprouvante. C'est l'Ardéchoise la plus dure que j'ai faite.

On retrouve Benoît et Alain qui sont en pleine forme. Ca fait déjà un petit bout de temps qu'ils nous attendent mais ils sont contents de nous revoir. Nous aussi.

 

Le dernier soir : Courtepaille

Le soir pour fêter ça on change de restaurant. Plus de Campanile, on va essayer un Courtepaille. D'après Fabien c'est l'équivalent d'un Tricatel (allusion au film « L'Aile ou la Cuisse »), mais on verra.

La nourriture n'est finalement pas mauvaise mais le service... On s'installe donc devant le grill autour d'une table ovale pour huit personnes. De chaque coté du grill, il y a une porte. Et c'est comme un ballet incessant qui serait dirigé par un chorégraphe fou.

Les serveurs courent dans tous les sens, rentrant par une porte, sortant par une autre manquant chaque fois de se percuter. On est toujours étonné, quand un des serveurs comprend ce qu'on veut, et encore plus quand il apporte ce qu'on a demandé.

Freddy parodiant Louis De Funès s'amuse avec des commandes de plus en plus compliquées. L'un après l'autre ils passent mais ne repassent plus. Une pauvre serveuse a fait une dépression nerveuse à la Xième demande qui était une boule de sorbet de poire dans un verre de poire Williams. Son regard reflétait toute la détresse du monde. C'est alors que Madame Courtepaille ( La gérante ) est intervenue et nous a envoyé la serveuse en chef enfin plus dynamique qui comprenait enfin ce que l'ont voulait.

Finalement on s'est bien amusé et tout le monde est rentré bourré à l'hôtel après avoir bu au moins quatre pousses café.


Epilogue

L'Ardéchoise est terminée, on verra l'année prochaine ce qu'on fait, mais 500 kilomètres c'est un maximum. Après, le plaisir de rouler disparaît et ce n'est pas le but. On vient ici pour s'amuser et s'en mettre plein la vue.

 

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L'Ardéchoise 2008 - « L'Ardèche »

Les Cols du parcours “L’Ardèche” (par ordre de passage)

 

Col

Altitude (M)

Longueur (Km)

Denivelé (M)

% Pente Max

% Pente Moyenne

29

du Buisson (aller)

920

11,5

400

7

3,5

43

des Nonières

671

11,5

298

5

2,6

21

de Mézilhac

1130

22

700

6

3,2

45

d'Aizac

643

3,5

226

9

6,5

38

de Juvinas

718

2,5

153

7

6,1

49

de la Croix de Molières

464

2,3

67

3

2,9

36

de la Croix de Millet

776

7,2

352

8

4,9

47

du Suchet

481

2,6

133

5

5,1

48

de la Croix de Rocles

476

2,4

85

5

3,5

4

de Meyrand

1370

22,5

1028

6

4,6

11

du Bez

1229

1,6

47

6

2,9

1

du Pendu

1435

3,1

206

8,1

6,6

9

de la Chavade

1261

-

-

-

 

22

de Gage

1098

2,6

149

10

5,7

2

du Gerbier de Jonc

1417

2,5

177

8

7,1

27

de Besses

998

-

-

-

 

23

de Clavière

1088

17,3

553

5

3,2

30

de Rochepaule

891

3,8

180

6

4,7

28

du Buisson (retour)

920

6,4

386

15

6,0

 
Le parcours “L’Ardèche”

Parcours2.jpg

 

 


Toutes les photos de l'Ardéchoise 2008 de l'Aurore-Cyclo



L’ardéchoise version alternative
Par Benoît Leclere

  

Cette année, Aurore Cyclo a présenté deux équipes au départ des 3 jours de l'Ardéchoise : le traditionnel train bleu et jaune composé en 2008 de 6 coureurs (je vous renvoie au compte-rendu de Alain Darville pour leur parcours) et le folklorique voire alternatif team composé de 2 coureurs liégeois, Alain Joiret et Benoît Leclère.

Au travers de ce récit, je veux partager une aventure humaine très forte mais aussi accessible à bien plus de sportifs que vous ne l'imaginez. Il ne faut pas rouler 10.000 km par an à des moyennes d'extra-terrestre pour y arriver. Bien entraîné (+- 1000 km), doté d'un excellent mental et surtout accompagné en permanence par une (ou plusieurs) personne(s) avec qui vous pouvez parler de tout et de rien durant de longues heures, ce défi cycliste est à votre portée. Pour l'année prochaine, le team alternatif est déjà à la recherche d'autres membres et 2 autres liégeois sont pressentis. Oufti !

Tout périple cycliste commence toujours en voiture. C'est donc le mercredi matin que notre aventure a démarré. La voiture n°2 composée de Jacques Grubbe, Fabien Moreau et Benoît Leclère est partie de Woluwé en direction de St Félicien. Première surprise : nous ne sommes que 3 vu le désistement de dernière minute de Marcélino. Dommage pour lui !

Dès le départ, tous se demandent où est mon partenaire cycliste, l'autre Alain, lui aussi un grand à lunette, quoi que un peu ( !!!) plus lourd que celui que vous connaissez. Alain le liégeois passe un examen le mercredi soir et devrait nous retrouver le lendemain matin au départ, frais et dispo comme celui qui a roulé toute la nuit pour arriver à temps !

La route est bonne. Les pauses sont nombreuses et nous permettent de rencontrer d'autres cyclos (« et vous, vous faites quel parcours ? »).

Arrivé à St Félicien, nous découvrons une organisation parfaitement huilée : les dossards nous attendent et les sacs sont rapidement déposés. Ils nous précèderont de logement en logement. Bravo aux bénévoles de l'Ardéchoise ! Sans eux, cette épreuve n'existerait certainement pas.

Le transfert vers l'hôtel est folklorique, malgré les 3 GPS embarqués dans la voiture. Je regrette les bonnes vieilles cartes papier permettant d'évitant de rouler 100 km quand 50 suffisent !

Le premier soir, les anciens me prodiguent leurs conseils (bien boire, bien manger, bien gonfler ses pneus, bien passer le matin sur le tapis rouge pour confirmer le passage du cyclo) et encouragements. Ils ne le disent pas mais je ressens leurs doutes quant à cette équipe folklorique.

La première nuit permet de découvrir les plaisirs des chambres doubles et surtout d'apprécier les différents types de ronflement de ceux qui le jurent ... d'habitude ne le font pas. Pas de chance pour moi, tous mes colocataires auront été d'aimables ronfleurs.

Le jeudi matin, c'est enfin le grand départ. A la surprise de l'équipe « train jaune et bleu », Alain Joiret nous attend sur la ligne de départ, fin prêt pour les 312 km du parcours « Ardèche », ses 19 cols et 6184 m de dénivelé. Oufti !

Le départ se fait dans un joyeux désordre. Nous sommes rapidement dépassé par de nombreux cyclos qui découvrent 2 drôles de participants, bien décidés à profiter du parcours et des nombreux stands présents dans les villages traversés.

Alain a lancé le concours du vélo le plus ringard (le sien est un modèle avec cale-pieds à l'ancienne, cadre en acier, selle de type hollandaise, 2 plateaux 53-39 plutôt destiné à la mer du nord qu'aux montagnes ardéchoises). Il a failli gagner jusqu'à la rencontre d'un vélo quasi identique mais doté de garde-boues métalliques !

Dès le premier col, nous sommes rattrapé par le train jaune et bleu à qui nous souhaitons, dring dring de sonnette folklorique à l'appui, un bon parcours. Rapidement, nous ne les voyons plus, ce qui nous donne la désagréable impression de pédaler en reculant. La chaleur monte avec l'altitude (c'est d'habitude l'inverse) et est de plus en plus difficile à supporter, surtout avec des manches longues. Et oui, on nous avait parlé d'une température plutôt hivernale en début de semaine. Mais le climat est entre-temps revenu à la normale. Oufti, quelle chaleur !

Nous découvrons les premiers cols, typiques de l'Ardèche : longs (11.5 km) et relativement peu pentus (3.5%). Alain qui s'est entraîné dans les côtes de Liège-Bastogne-Liège me dit de suite que sa préparation n'est pas adéquate. De plus, emporter ses quelques 95 kg durant autant de temps semble pénible. Après coup, je peux conseiller à celui qui veut se lancer dans ce type de parcours de rouler quelques fois de longue distance (+- 100 km) sur des dénivelés moins ardus, comme par exemple à le brevet de mai à Andenne.

A la fin de la première journée, nous découvrons notre gîte. La mauvaise nouvelle : il se trouve à 6 km du parcours et à un dénivelé, non répertorié, de 300 mètres complémentaires. Mais l'excellente nouvelle est que la chambre d'hôte est parfaite et le menu somptueux. Nous appliquons les bons principes de Aurore : à force de boire trop d'eau, le cyclo se doit de passer le soir au vin pour bien se désaltérer. Durant le repas gargantuesque (apéro, entrée, plat, fromages, desserts), nous expliquons aux autres cyclos le principe du « pot belge » et démontrons qu'il est possible de faire l'ardéchoise autrement qu'à l'eau claire ! Et vive le vin local !

Un autre plaisir de l'Ardéchoise est de rencontrer d'autres cyclos. Nous sommes comblés dans notre premier gîte, tenu par un couple de hollandais. Nous faisons notamment connaissance avec un couple d'anglais, deux frères français et deux amis allemands. Tout cela chez des hollandais ! Nous refaisons l'Europe des citoyens tout en pansant nos (petites) plaies, essentiellement due au soleil.

Le lendemain, nous démarrons très tôt. Un ancien de l'Ardéchoise connaît le parcours et les difficultés qui nous attendent. Le col de Meyrand et ses 22.5 km sont un calvaire pour Alain. La chaleur, le mauvais revêtement, l'absence d'ombre, tout cela ne l'enchante pas ... jusqu'à l'arrivée au village de Valgorge où il déguste le pâté local à l'ombre de platanes. Certains cyclos qui passent nous reconnaissent ... et s'arrêtent prendre un peu de bon temps avec nous. L'équipe folklorique porte haut et fier les couleurs de Aurore cyclo, cette fois en courtes manches.

Au sommet, nous pensons avoir fait le plus dur. Que nenni ! Les vraies pentes nous attendent : col du pendu (6.6% durant 3km), col de Gage (5.7% durant 3 km avec un passage assez raide à 10%). Nous croisons beaucoup de cyclos, ou plutôt l'inverse. Les femmes sont nombreuses et plutôt jolies. Nous sommes souvent obligés de les laisser s'éloigner insensiblement de nous. L'abus de pot belge nous est fatal dans la dernière ascension, non répertoriée, de plus de 8 km en direction du Gerbier de Jonc.

Arrivée tardive à Sainte Eulalie, vénérée par de nombreux randonneurs, après plus de 9 heures sur la selle. On a dégusté mais l'apéro offert par les habitants du village nous remet vite sur pied. Les enfants du patelin nous offrent un bricolage aux couleurs de l'Ardéchoise (jaune et mauve), petit geste touchant que je remettrai à mes propres enfants. Nous retrouvons aussi nos cyclos anglais et partageons la chambrée avec Joanna et Dave, eux aussi de plaisants ronfleurs !

La soirée est excellente quoi que le repas moins bon que la veille. Mais l'important est de se refaire une santé. A table, les français qui nous entourent se demandent qui sont ces joyeux drilles, chantant, mangeant, buvant et racontant des blagues sans arrêt. On n'est pas loin de l'ambiance de « la soupe aux choux ». Mon voisin de table me demande dans un anglais approximatif « euh, can you please give me some pain ». Confondre un liégeois avec un anglais, oufti, voilà qui n'est pas commun !

La dernière étape est la plus courte donc a priori la plus facile. Directement nous atteignons le sommet du col du Gerbier de Jonc et comprenons que nous avons escaladé la grosse partie le jour avant. Au sommet, la vue est somptueuse. La descente est avalée rapidement avant d'atteindre le col de Clavière (17 km). Nous croisons beaucoup de cyclos plus rapides que nous : ce sont déjà les participants de l'épreuve d'un jour. Oufti, çà file et on nous demande de serrer à droite !

La chaleur est encore plus intense. La pente est encore plus raide raide. Le gosier est quant à lui « crevé sec ». Pour se refaire un moral, on lance aux jeux de mots avec les noms de participants que nous pouvons lire sur les dossards des cyclos. Nous croisons notamment Philippe Bouvard et Patrick Hernandez (born to be alive). En voyant Henry Gardon pousser son vélo, je lui lance un « pas très frais, le gardon ! » Lui apprécie et nous salue bien bas. D'autres sont surpris quand nous les appelons par leur prénom. Un certain Paul, hélé en plein effort, se retourne et me fusille du regard... jusqu'au moment ou son franc (français un peu lent) tombe : « ah oui, le prénom est dans le dos ! »

Tout cela nous amène au sommet et au dernier ravitaillement avant la dernière difficulté du jour, le col du Buisson (plus de 6 km avec des passages à plus de 15%). C'est à ce moment qu'on est content d'avoir fait en début de saison le mur de Grammont et le Mont Kemmel.

Pour une fois, l'équipe folklorique ne roule pas solidaire et Alain me dépose comme une vieille chaussette, tellement content de retrouver enfin une vraie côte bien pentue.

L'ascension du dernier col est réellement dure mais elle se fait dans une ambiance très bon enfant. Des musiciens sont présents à tous les lacets et redonnent du moral aux cyclos en difficulté. La nouveauté de cette année revient à Aurore folklorique qui, à chaque virage, lance une bruyante ola accompagnée du geste d'une seule main à la fois. Oufti ! Le nombreux public apprécie et accompagne le mouvement. On se croirait au Tour de France.

C'est enfin la dernière descente vers Saint Félicien et la ligne d'arrivée. Après officiellement 312 km, 19 cols et 6184 m de dénivelé, nous retrouvons le village et ses rares terrasses ombragées. Enfin une bière fraîche ! Arrivent alors 2 cyclos plus affûtés que les autres, portant les couleurs de la française des jeux. Alain lance bien fort « tiens, 2 qui ont acheté le même maillot que Philippe Gilbert ». Les deux se retournent et nous adressent un regard dédaigneux : c'étaient les 2 pros de l'année (Chavanel et Joly), effectivement coéquipiers de notre Philippe national !

A l'ombre, nous attendons l'arrivée du train jaune et bleu. Pour tuer le temps, nous faisons connaissance avec le voisin, un Montois bien sympathique du club de Baudour. Il nous explique que son club est venu avec 50 cyclos qui ont fait le parcours du samedi. Dur pour Aurore Cyclo qui ne compte que 8 participants !

De la dernière soirée nous ne raconterons pas grand chose. Piétro ne voulait pas manger à l'hôtel et d'autres voulaient se lancer dans la gastronomie. Nous nous sommes retrouvés dans un grill de type industriel où la serveuse, mademoiselle Courtepaille, a fait la connaissance de 8 petits belges affamés et assoiffés. La surprise est venue de Freddy, commandant 2 suppléments frites après le dessert. On a beau dire : le vélo, cela creuse ! La sympathique serveuse, après moult discussion, nous offre même le verre du patron. Je confirme à Piétro, rebaptisé Pédro par Alain le liégeois : « Quand tu demandes gentiment quelque chose, on ne peut jamais que te répondre non !», ce qui ne fut pas le cas ce samedi.

Pour ceux qui n'étaient pas présent à l'Ardéchoise, dommage pour vous car vous avez raté de beaux moments. Pour tous ceux qui y étaient, bravo et merci de votre présence. L'important est de participer, même à une moyenne de 16km/h. (Presque) Tous peuvent y arriver, avec un minimum d'entraînement et une bonne dose de confiance en soi. A plusieurs, tout est possible.

A l'année prochaine donc, pour une aventure humaine hors de l'ordinaire.

Les liégeois de chez Aurore, Alain et Benoît.

 

 

L'Ardéchoise 2008: Les photos

Les photos de l'Ardéchoise 2008 de l'Aurore-Cyclo

Les photos sont de Christophe Van Schepdaele et Alain Darville.

Lien vers les récits de l'Ardéchoise 2008
   Lien vers les récits

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1er jour : Saint-Félicien – Privas

L'Ardéchoise 2008 - Etape 1 - Vidéo 1 - Par ordre d'apparition: Jacques, Fabien, Freddy, Christophe et Pietro.
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2eme jour : Privas – Le Gua


L'Ardéchoise 2008 - Etape 2 - Film 1: Fabien monte une cote à 21% sans aucun problème.


L'Ardéchoise 2008 - Etape 2 - Vidéo 2 - En file indienne
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3eme jour : Le Gua – Saint-Félicien


L'Ardéchoise 2008 - Etape 3 - Freddy fait le col en filmant.