30/06/2009

L'Ardéchoise 2009: Le récit

 

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2009 : L'Ardéchoise de tous les dangers...


Par Fabien Moreau
Photos : Christophe et Fabien


La brume balaie le plateau, jetée comme une vague par un vent d'Est violent.  Les bourrasques portent du lointain le vrombissement des éoliennes lancées à plein régime.  A travers la buée de mes lunettes, mon regard s'agrippe au bord de la route qui se déroule sous mes roues.  Devant moi, le blouson claque sur le dossard d'André Vaneeckhout qui me tire vigoureusement vers le refuge de Saint-Front et sa colonie québécoise.  Il est bientôt 16h30 vendredi.  Alain Darville vient de verser dans le fossé alors qu'il se débattait avec la tirette de sa veste de pluie prise dans son 53/39.  Guy Godfrind, abandonné en pleine tempête par sa balise Argos, dérive, insouciant, vers la tanière de quelque monstre à trois têtes qui fait des prouts.


L'Ardéchoise en novembre ? Des québécois ??

André qui tire le peloton dans le vent ??!

Un 53/39 pour faire de la montagne ?!!?  Un monstre qui fait des prouts ?

Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer ??


Reprenons le fil de cette Ardéchoise hors du commun, frappée, disons-le, par un certain mauvais oeil.  Je vous rassure tout de suite, on a quand même bien rigolé, ara!


« Mais qui part encore, finalement, à cette Ardéchoise ?? »


Bonne question.  Depuis notre décision de participer à cette 18ème édition, les abandons étaient tombés les uns après les autres.  Ne revenons pas sur ces décisions douloureuses.  Peut-être juste sur les derniers rebondissements qui, maintenant qu'on sait qu'ils retombèrent sur leurs pattes, nous font encore bien marrer.


Ainsi, le fameux chalet, réservé à Saint-Félicien depuis plus de 6 mois, était vraiment confortable.  Extrêmement bien situé par rapport au centre de Saint-Félicien, sur le bord de la rivière, avec une vue imprenable sur le lac...


"- hein ? Le lac ? Quel lac ?"

"- bin, le lac Saint-Jean, Tabernac!"..


Oui, le chalet était bien situé à Saint-Félicien, mais au Québec !! Au bout de la vallée du Saguenay ! Même si le Concorde volait encore, impossible d'être à l'heure pour le départ à Saint-Félicien .. en Ardèche.  Nous avons donc décliné cette offre alléchante pour nous rabattre sur de modestes hôtels situés dans les villages voisins de Lalouvesc et Satillieu.


Puis vint la veille du départ.  Je reçois deux mails presque coordonnés de Alain et André.  Le premier m'annonce que son dérailleur avant a choisi de se faire la malle avec sa chaîne et son attache rivetée au cadre.  Hors d'usage pour un petit temps.  Mais il en faut plus pour décourager notre baroudeur.  Il partira donc sur son mulet équipé en 53/39 x 12/25.  Même pas peur !


Le mail d'André est plus désespérant.  Il a décelé une fissure sur sa fourche.  Du coup, il se cabre devant l'obstacle.  J'ai beau lui proposer mon mulet sur lequel j'ai encore le temps de monter un triple, rien à faire! l'esprit n'y est plus.  Nous partirons donc à trois.  Sans trop y croire, je propose la place vacante sur mes réseaux de cyclistes, dont le très dynamique http://www.velotrainer.net.  20 minutes plus tard, je reçois un sms : nous avons un nouvel André Vaneeckhout !  Christophe, un stéphano-suédois de Lausanne !  Quelques années de moins qu'André.  Le jarret solide du gars qui habite au pied des montagnes, l'humour franchouillard qu'on aime, l'ouverture d'esprit de l'expatrié et un authentique mélomane du prout !


Voilà pour le casting.


Le décor ? Le nouveau parcours de l'Ardèche-verte le mercredi en lever de rideau (98km, 1530m, 5 cols).  Puis le parcours du Tanargue en trois jours, soit le parcours classique de l'Ardéchoise, avec un gros rallongement au Sud, puis le détour à l'Ouest sur les plateaux de la Haute-Loire et ses sucs basaltiques.  371km, 7260m, 24 cols. Un parcours plus montagneux que l'année dernière, moins de km en trois jours, mais autant au total avec l'Ardèche verte.


Moteurs !...


Le premier jour est donc une vraie première pour tout le monde.  À commencer par les organisateurs qui font le pari de développer l'Ardéchoise vers le Nord.  On était un peu sceptiques.  On a vite été charmés.  Dès Satillieu, le premier village, une fanfare et un comité d'accueil mettent le paquet.

Alors qu'on annonçait l'autonomie la plus spartiate, des ravitos incroyables nous attendent un peu partout : du melon, des fromages de chèvre, de la charcuterie, des terrines, du pain de toutes sortes, des pruneaux et des cerises à s'en faire péter ! On en reparlera ...

 

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Quant aux reliefs, nous serons au parfum dès les premiers kilomètres.  C'est l'occasion pour moi de découvrir une nouvelle technique pour coller au groupe: la ruse ! Guy est passé maître dans le jeu de cache-cache pour passer sous notre nez en catimini.  Dans la terrible "rue du Pavé" de Vanosc (heureusement macadamisée aujourd'hui, mais qui affiche un bon 12%), nous attendons Guy 5 minutes ... , puis 15 ..., finalement 40 minutes et je décide de l'appeler pour voir s'il est toujours vivant.


Le bougre me rappelle 10 minutes plus tard du haut du col suivant !  Sans rancune, sauf que si on avait su, on aurait visité le musée de l'autocar qui possède quelques beaux spécimens de vieux Saviems, une production locale.


Nous retrouvons Guy au sommet du col de la Charousse (1238m, 10km, 604m de D+, 8,3% max, 6% moyen), où il profite de ce qui est, sans exagérer, le ravito le mieux fourni qu'il m'ait été donné de voir dans ma courte carrière de cyclo.


Entre les cols du Sapet et des Barraques, tous deux à 1000m, se trouve le petit village de Saint-Bonnet-Le-Froid.  En fait, il y fait 33° et nous nous arrêtons une heure en terrasse pour un délicieux menu de terrine, salades et charcuteries, accompagné d'une bonne bière locale.  De quoi terminer en beauté cette première journée de mise en jambes car, ensuite, ça descend jusque Lalouvesc, notre hôtel, sa piscine fraîche et notre ami suisse, Christophe.  Il a déjà fait un petit aller-retour jusque Saint-Félicien pour se mettre au parfum.


Alain me sort de la piscine pour un cas de conscience.  Comme nous sommes partis de Lalouvesc le matin, il n'est pas repassé par le pointage d'arrivée à Saint-Félicien.  Ca ne va pas !  Nous lui donnons donc nos plaques de cadre en poche et il passera à pied sous le portique d'arrivée en faisant un gros BBLL-BI-BBLLI-BIIPPPP! sous l'œil méfiant du contrôleur.


Organisation au top, comme d'habitude.

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Le dépôt des bagages est une formalité, accomplie sans encombre comme notre inscription de la veille et tout le restant du voyage.  Arriver à coordonner autant de monde sans aucun couac et dans la bonne humeur reste une démonstration impressionnante.


Christophe, impressionné par ce dossard aux consonances flandriennes, décide de continuer à s'appeler André Vaneeckhout.  C'est sûr que ça va impressionner dans les cols.  Le restant de la journée, nous le passerons à flâner dans les stands (où les articles sont vendus 2,5 fois plus cher que chez Van Eyck...).  Indispensable par contre, l'achat d'un spray-miracle pour les ronflements d'Alain.  La nuit précédente, j'ai cru en me réveillant qu'on déplaçait des garde-robes normandes !  Puis nous irons nous faire payer l'apéro à l'hôtel par Bernard, un chic gars originaire de Namur que nous allons croiser ça et là pendant les 4 jours.  Le premier sauté de veau du séjour ... on y reviendra ..., quelques Leffes au café du coin et Zhou! .. au lit !


Départ tactique.


Alain et Guy descendent les 12km qui nous séparent de Saint-Félicien en vélo.  Comme nous remonterons samedi vers un autre hôtel, André-Christophe et moi descendons en voiture.  Au départ, Guy a déjà mis en œuvre sa redoutable tactique et a disparu !  Alain doit attendre pas loin du départ car j'entends son gsm qui sonne quand je l'appelle !! Le finaud s'était caché à l'ombre.  Sur la ligne de départ, les organisateurs interpellent un cyclo qui partait sans casque.  Cette année, la règle est incontournable : on roule casqué ou on ne roule pas !

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Et c'est parti pour cette première étape de quelques 115km, peu de dénivelé, 5 cols, dont le redoutable Mézilhac.


Le buisson, que je commence à connaître par devant comme par derrière, se monte trop facilement.  Il faut dire que je manquais de tomber de ma selle à chaque relais pris à 25km/h par ... André Vaneeckhout !! Jusqu'au dernier jour, ça me surprendra toujours.


La descente vers Lamastres est beaucoup moins risquée avec peu de monde, car nous sommes partis après 9h.  Bon à savoir. Dans la vallée vers les Nonnières, nous trouvons un peloton de VIPs : Pierre Perret ! François Fillon !  Il n'en faut pas plus pour entonner la vaisselle cassée.  Humour sacrilège pour la montagne qui nous attend.  Le col des Nonnières et le Col de Mézilhac (1130m, 22km, 700m D+) me feront rembourser mon enthousiasme du premier col.  Mais quel spectacle ! Les lacets se surplombent à pic face au paysage parsemé des villages de la vallée de la Dorne.

 

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Au sommet du Mézilhac, nous prenons une bonne heure pour siroter des cocas et contempler le panorama plongeant vers ... le décolleté de la serveuse.  Les plus comiques faisaient remarquer que par temps clair, on pouvait même apercevoir le Col de l'Utérus ! 


Mais manque de pot, voilà la pluie.  Plutôt que d'attendre sagement au chaud devant une assiette, nous plongeons dans la descente mouillée et froide.  Nous jouerons à cache-cache avec les averses jusqu'à l'hôtel.

 

 

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Au bas de cette descente humide, Alain et Guy commandent leur deuxième sauté de veau du séjour.  Toujours aussi nourrissant, mais très TRES long à mijoter.  Nous passons une autre grosse heure à observer l'organisation très surréaliste d'une espèce en plein essor en Ardèche : le baba-cool qui va ouvrir un resto en pleine montagne en croyant que le boulot va se faire tout seul.


Bof ! le bon côté des choses, c'est qu'on laisse passer l'averse avant d'attaquer le très sec Col de Juvinas (718m, seulement 2,5km mais 6,1% de moyenne).


Ceux qui me connaissent, savent que la pluie, je n'aime vraiment pas.  Visiblement Christophe-André non plus.  De plus, il a besoin impérativement de s'acheter une paire de savates pour ne pas passer la soirée dans ses Sidis.  Nous décidons de raccourcir un peu les attentes qui totalisent déjà presque 3 heures ...  Et c'est là que Guy déploie une de ses autres tactiques de randonneur expérimenté pour nous rattraper : LES MINES !!!  Un tir de mines en cours sur les parois rocheuses 2km avant notre logement nous bloque pendant 20 minutes.  Et voilà notre Guytounet triomphant qui ramène Alain.

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http://site.voila.fr/lafilature

 

Un gîte super, dans un ancien moulin et filature de soie. Tenu par d'anciens expatriés reconvertis au bio.  Le menu sera à l'image de ce couple de culture mixte : poulet au piment et au cumin, taboulé, tapenade, petites saucisses, ... le tout arrosé de jus de fruits et d'un petit rosé.  Surprise de taille : un Jukebox en ordre de marche trône dans la bibliothèque.  Que des grands succès : Didier Barbolivien, Dave, Serge Lama, Pierre Bachelet, ...


AÏE ! Ooh bon, ça va, j'éteins , rhoo, pfff !


Nous partageons le gîte avec deux couples de ch'tis et un trio de collègues grenoblois branchés en permanence sur les dernières nouvelles des rachats-acquisitions de la finance mondiale.

 

 

Nos chemins se séparent.

 

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Le Vendredi, Guy voudrait s'affranchir de ses trois boulets et se tester un peu dans les 21km du Col de la Croix de Bauzon qui culmine à 1300m.  Il nous quitte à Jaujac alors que nous partons à trois vers le Col de la Croix de Millet.


C'est la plus longue étape du séjour. 140Km, plus de 3000m de dénivelé cumulé, une dizaine de cols dont le Meyrand, le Pendu, le Gerbier de Jonc.  Comme hier, le temps s'annonce très beau toute la matinée, puis des averses orageuses dans l'après-midi.  On ne nous aura pas deux fois : ça roule !


André accepte de se mettre à mon rythme et nous montons le Meyrand côte-à-côte, en lâchant ça et là une petite vanne sur les patronymes ridicules de l'un ou l'autre dossard.  Mais surtout, on écoute le vent qui rince les sapins.  Le Meyrand, ça se déguste en silence.  Comme dit notre Maître Guy : « Vous avez vu.  Mais est-ce que vous avez regardé ? »

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C'est magnifique.  Mais on est quand même content d'être au sommet !

 

 

 

 

 

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Non, non, ne vous y trompez pas.  Sur cette photo, Alain exulte !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant, il reste à retrouver Guy !


Le pauvre s'est égaré dans l'espace-temps.


Nous échangeons sporadiquement des SMS de positionnement qui ne correspondent pas à nos vitesses prévues.  On pense à tout moment reconnaître son profil racé en haut d'une côte, derrière un virage, mais rien à faire.  Nous le localisons toujours plus loin vers le Nord. C'est un fait : il trace !


Éreintés, affamés, nous nous engouffrons dans la première auberge de Mazan l'Abbaye où l'on sert au menu ... du sauté de veau !  Mais attention, celui-ci n'est pas ordinaire.  La blanquette est la spécialité de la maison, servie avec autorité par la maîtresse des lieux qui s'est mise pour un jour dans la peau d'une dompteuse de cyclos.  Impressionnant !


Le petit col de Gage, avant le lac d'Issarlès, est toujours aussi pentu : 2,6 km pour 149m de dénivelé avec un maximum à 10%. André Vaneeckhout fait l'ascension de sa vie !  Il rattrape son vieil ami Guy vers le Col de Gerbier de Jonc et c'est ensemble que nous nous retrouvons à Sainte-Eulalie pour aborder cette difficulté.

 

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Dans notre dos, le vent est puissant.  Les moulins tournent à pleine vitesse.  Un scénario idyllique si nous ne savions qu'il faudra l'affronter de face pour rejoindre Saint-Front et que les nuages commencent à s'assombrir sur la Haute-Loire.


Pour rejoindre le gîte, nous décidons de quitter le parcours aux Estables où nous attend un contrôle. Ambiance très sympa dans ce village, situé aux confins du parcours.  Nous attendons Guy un instant pour rouler ensemble dans ce qui s'annonce comme un vrai temps de chien.  Mais c'est oublier que notre agent secret est passé undercover. Tel Rambo plongé dans les montagnes pachtounes, il a coupé tous ses moyens de communication et fonce vers son but à grands coups de mollets.


Il vient de pleuvoir sur le plateau.  L'eau rejetée par le sol chauffé forme immédiatement un nuage épais qui brosse le sol sous un fort vent d'Est.  Les jantes s'inclinent sans prévenir.  Fini de feinter sur les prénoms ridicules qui sont bien cachés sous les coupe-vents.  Et c'est une armée de chasseurs ardennais en uniforme mauve et jaune qui s'accroche en convoi jusque Saint-Front.  C'est épique !


Heureusement pour le moral, on sait que le gîte n'est plus loin et qu'après une bonne douche, chacun mettra les pieds sous la table pour manger un bon plat original.


Ben non.

Encore du sauté de veau...  Très mauvais, pour le coup..


On sent ici les limites du système d'hébergement.  Quand l'établissement sait qu'il tient l'occasion de séduire de futurs clients saisonniers, on est traité en prince.  Ici, les propriétaires du lieu, un centre de colonies de vacances, ont relevé le seul défi qu'ils s'étaient représentés : abriter et alimenter une cinquantaine de cyclistes crevés et affamés qui ne demandent qu'une chose : absorber une grande quantité de bouffe industrielle sous la forme la plus ramollie possible et s'effondrer dans une paillasse sans demander son reste.  Ce défi là est certes relevé avec beaucoup d'efficacité et le sourire de la crémière en plus.  Sauf que la crémière ne servait que du lait pasteurisé, du pain caoutchouteux imputrescible, du dessert surgelé et des nouilles trop cuites.  Notre quatrième sauté de veau, fricoté par le restaurant du village, gisait dans un bouillon de beurre crémeux coagulé avec le même liquide que celui contenu dans ces bidons de 175cl à capsule qu'ils nous ont servi pour du vin.  Ce n'est pas le petit carré de matière inerte et molle qui ressemblait à du fromage qui aurait pu nous dérider.  Nous décidâmes alors de nous glisser dans nos draps jetables et de nous venger bassement à coups de prouts sonores sur le pauvre Emile qu'un sort cruel avait fait coucher dans le cinquième lit de notre chambre, à portée immédiate de notre quatuor de sphincters.

Funeste destin !


Samen buiten, samen thuis !


Le petit matin du troisième jour est moins beau que prévu : nuages et vent froid.  Mais quelle idée de faire cette randonnée en novembre !  Le point positif, c'est que ces nuages nous offriront une bonne protection contre la chaleur qui nous avait tant fait souffrir l'année dernière et que ce vent du Sud-Ouest nous poussera dans les derniers cols vers Saint-Félicien.

 

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Mais avant ça, il reste 120 kilomètres, 6 cols et le ciel est bien menaçant.  C'est le dilemme entre le coupe-vent (Alain et André), la veste de pluie (Guy) ou les manchettes (moi-même).  Si Patrice « Ninja » Martin était là, il aurait pu étrenner son passe-montagne, son mouton-retourné, sa couverture de survie..


Le plateau de Haute-Loire prend des airs de pays ensorcelé.  Le ciel frôle nos casques et coupe les sucs basaltiques qui surgissent des prairies tout autour.


Nous traversons les villages encore endormis de Fay-sur-Lignon et Saint-Clément avant une plongée vertigineuse depuis le Col de la Scie.

 

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Les virages en épingle à cheveux se chevauchent à la verticale.  La route super-étroite, les pompiers de garde au sommet, le mauvais revêtement et surtout l'à-pic sans accotement, tout force à adopter la prudence d'un aveugle dans une canisette.

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André, en montagnard expérimenté, se laisse glisser selon son instinct avec des trajectoires parfaites.  Moi, j'ai vite la jante qui chauffe.


Une inconsciente s'est égarée avec sa Mercedes dans la montée.  Elle est terrorisée en voyant arriver les grappes de cyclos devant son capot.  On prend des paris ...


A La-chapelle-sous-Chanéac, ce sont des quiches aux lardons et un chaud café qui nous attendent pour nous remettre les estomacs en place.  Mais la sono de grand matin, la Macaréna dans ce décor pittoresque, c'est un peu dur.


Nous entamons rapidement la très longue montée vers le très beau Col de l'Ardéchoise (1184m, 11,7km, 590m de D+, 9% max, 5% moy).

 

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Ca roule bien. La fraîcheur nous donne des ailes. Le décor ressemble à une côte des Ardennes belges du côté de Bouillon. Guy va se sentir des ailes. André et moi on se sent pris d'une franche euphorie et les blagues fusent sur tous les noms de dossards.  Tout le monde s'y met et le sommet n'est pas long à venir.

 

 

La vue est magnifique.  La descente sur de larges routes serait un plaisir complet sans ce vent un peu traître.  On restera sous les 70km/h.


A Saint-Martial, nous rejoignons le parcours de l'Ardéchoise.  Les cyclos qui font les parcours en trois ou deux jours et qui ont été logés sur le parcours passent déjà en groupes serrés.  Il est beaucoup trop tôt pour devoir s'écarter pour les premier cyclosportifs en un jour.  Et c'est pas plus mal.  On se souvient d'un véritable choc culturel entre les cyclos randonneurs et ces pros frustrés qui sont prêts à tout pour améliorer leur temps d'une minute ou pour grappiller deux places sur 7000.


Le reste du parcours est devenu un classique : le long parcours plat et sinueux jusque Saint-Julien-Boutières où nous nous relayons sur un bon 43km/h.  Puis c'est la montée vers Saint-Agrève, assez facile vu la température agréable.  Nous accrochons quelques beaux grimpeurs dans la montée.  Je m'offre un petit sprint avec un excité sur le sommet.

 

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Mais je suis vite calmé dans la descente de Rochepaule qui a bien failli mal se terminer pour moi.  Dans un virage, je vois trop tard un sandwich beurré au saucisson bien gras écrasé sur ma trajectoire (pour une fois, ce n'était plus du sauté de veau).  Je redresse, mais il est trop tard pour reprendre une trajectoire.  Il faut freiner d'urgence mais les roues calent.  C'est le tout droit.  C'est con, mais je pense immédiatement au vélo.  Si je me couche dans le virage, je risque la glissade sur le bitume.  J'opte pour un atterrissage plus ou moins doux contre la paroi.  C'était le bon choix et mon jour de chance, je ralentis assez pour pouvoir m'amortir avec la hanche sans cogner plus fort qu'un bon plaquage.  Pas une griffe sur le cadre, mais mon pneu est mort.


Par cette fraîcheur, le Buisson est un plaisir.  Ce n'est pas encore l'affluence et on passe facilement.  On peut même se lâcher sur les farces.  Eclat de rire quand on repère « Robert Lechat » qui précède de 50m « Serge Lerat ».


Au Sommet, on fait le point avec nos deux loustics.  Alain n'est pas loin derrière.  Guy est de nouveau undercover.  Cette fois, c'est Mac Guyver.  Il tombe la chaîne dans les passages à 15%, il remonte en selle et enfonce la manivelle.  La chaîne trop croisée se tord et claque !  Un souci passager pour notre inspecteur gadget qui répare en un tour de main.  Rien n'arrête le philosophe du braquet !

 

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Nous sommes à Saint-Félicien vers 13h.  Dans l'ordre des priorités : troquer la puce contre la caution, une chope bien fraîche, avaler ce délicieux plateau-repas (plus de blanquette !), encore une chope, récupérer le sac, une dernière chope et nous prenons congé de notre ami André, je veux dire Christophe.  Une collaboration réussie qu'on se promet de rééditer si possible sur Bruxelles-Aoste.


L'hôtel de Satilleu est un trois étoile.  Hammam, piscine, massage, un souper sans sauté de veau !


 

On y ajoute une touche de bonheur en s'offrant des bulles en apéro.  Une Ardéchoise qui cumulait tant de handicaps et qui se déroule si bien, ça méritait bien une petite fête.

 

 

 

 

Les participants à l'Ardéchoise 2009

Dossard

 

Nom

 

Prenom

 

Parcours

 

Km

 

Dénivelé

 

Cols

 

32425

 

DARVILLE

 

Alain

 

Ardèche Verte – Cance

 

98

 

1535

 

5

 

 

 

 

 

 

 

Le Tanargue

 

371

 

7260

 

24

 

32422

 

GODFRIND

 

Guy

 

Ardèche Verte – Cance

 

98

 

1535

 

5

 

 

 

 

 

 

 

Les Hautes-Terres

 

343

 

6605

 

21

 

32423

 

MOREAU

 

Fabien

 

Ardèche Verte – Cance

 

98

 

1535

 

5

 

 

 

 

 

 

 

Le Tanargue

 

371

 

7260

 

24

 

32424

 

PICAL

 

Christophe

 

Le Tanargue

 

371

 

7260

 

24

 



 

 


 

 

 

 

Les Cols du Parcours “Ardèche Verte - Cance" (par ordre de passage)
 

 

 

 

Col

 

Altitude (M)

 

Longueur (Km)

 

Denivelé (M)

 

% Pente Max

 

% Pente Moyenne

 

65

 

du Juvenet

 

681

 

6

 

154

 

5,3

 

2,5

 

61

 

de la Charousse

 

1238

 

10

 

604

 

8,3

 

6

 

62

 

du Sapet

 

1087

 

-

 

-

 

-

 

-

 

63

 

des Baraques

 

1074

 

-

 

-

 

-

 

-

 

60

 

du Rouvey

 

1244

 

5,8

 

170

 

7,4

 

3,6

 

 

 


 

 


 
Les Cols du Parcours “Le Tanargue" (par ordre de passage)

 

 

 

Col

 

Altitude (M)

 

Longueur (Km)

 

Denivelé (M)

 

% Pente Max

 

% Pente Moyenne

 

29

 

du Buisson (aller)

 

920

 

11,5

 

400

 

7

 

3,5

 

43

 

des Nonières

 

671

 

11,5

 

298

 

5

 

2,6

 

21

 

de Mézilhac

 

1130

 

22

 

700

 

6

 

3,2

 

45

 

d'Aizac

 

643

 

3,5

 

226

 

9

 

6,5

 

38

 

de Juvinas

 

718

 

2,5

 

153

 

7

 

6,1

 

49

 

de la Croix de Molières

 

464

 

2,3

 

67

 

3

 

2,9

 

36

 

de la Croix de Millet

 

776

 

7,2

 

352

 

8

 

4,9

 

47

 

du Suchet

 

481

 

2,6

 

133

 

5

 

5,1

 

48

 

de la Croix de Rocles

 

476

 

2,4

 

85

 

5

 

3,5

 

4

 

de Meyrand

 

1370

 

22,5

 

1028

 

6

 

4,6

 

11

 

du Bez

 

1229

 

1,6

 

47

 

6

 

2,9

 

1

 

du Pendu

 

1435

 

3,1

 

206

 

8,1

 

6,6

 

9

 

de la Chavade

 

1261

 

-

 

-

 

-

 

 

 

22

 

de Gage

 

1098

 

2,6

 

149

 

10

 

5,7

 

2

 

du Gerbier de Jonc

 

1417

 

2,5

 

177

 

8

 

7,1

 

3

 

de la Clède

 

1385

 

1

 

31

 

4

 

3,1

 

6

 

de la Toureyre

 

1332

 

4,5

 

51

 

3

 

1,1

 

7

 

de Viallard

 

1321

 

2

 

83

 

6

 

4,2

 

13

 

de la Scie

 

1205

 

2

 

35

 

4

 

1,8

 

17

 

de l'Ardéchoise

 

1184

 

11,7

 

590

 

9

 

5,0

 

32

 

de Saint-Martial

 

876

 

2

 

92

 

5

 

4,6

 

23

 

de Clavière

 

1088

 

17,3

 

553

 

5

 

3,2

 

30

 

de Rochepaule

 

891

 

3,8

 

180

 

6

 

4,7

 

28

 

du Buisson (retour)

 

920

 

6,4

 

386

 

15

 

6,0

 

 


Le parcours:

21.jpg













 

 

 


 

 

 

 

Les Cols du Parcours “Les Hautes Terres" (par ordre de passage)

 

Col

 

Altitude (M)

 

Longueur (Km)

 

Denivelé (M)

 

% Pente Max

 

% Pente Moyenne

 

29

 

du Buisson (aller)

 

920

 

11,5

 

400

 

7

 

3,5

 

43

 

des Nonières

 

671

 

11,5

 

298

 

5

 

2,6

 

21

 

de Mézilhac

 

1130

 

22

 

700

 

6

 

3,2

 

45

 

d'Aizac

 

643

 

3,5

 

226

 

9

 

6,5

 

38

 

de Juvinas

 

718

 

2,5

 

153

 

7

 

6,1

 

49

 

de la Croix de Molières

 

464

 

2,3

 

67

 

3

 

2,9

 

8

 

de la Croix de Bauzon

 

1308

 

21,1

 

948

 

7

 

4,5

 

11

 

du Bez

 

1229

 

1,6

 

47

 

6

 

2,9

 

1

 

du Pendu

 

1435

 

3,1

 

206

 

8,1

 

6,6

 

9

 

de la Chavade

 

1261

 

-

 

-

 

-

 

 

 

22

 

de Gage

 

1098

 

2,6

 

149

 

10

 

5,7

 

2

 

du Gerbier de Jonc

 

1417

 

2,5

 

177

 

8

 

7,1

 

3

 

de la Clède

 

1385

 

1

 

31

 

4

 

3,1

 

6

 

de la Toureyre

 

1332

 

4,5

 

51

 

3

 

1,1

 

7

 

de Viallard

 

1321

 

2

 

83

 

6

 

4,2

 

13

 

de la Scie

 

1205

 

2

 

35

 

4

 

1,8

 

17

 

de l'Ardéchoise

 

1184

 

11,7

 

590

 

9

 

5,0

 

32

 

de Saint-Martial

 

876

 

2

 

92

 

5

 

4,6

 

23

 

de Clavière

 

1088

 

17,3

 

553

 

5

 

3,2

 

30

 

de Rochepaule

 

891

 

3,8

 

180

 

6

 

4,7

 

28

 

du Buisson (retour)

 

920

 

6,4

 

386

 

15

 

6,0

 

 

Le parcours:

 

22.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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